Actualités
Partie financement
Pour financer notre projet, nous avons chacun de notre côté commencé à travailler en CDD, en intérim ou en stage. Cette période se finira fin janvier, date à partir de laquelle nous souhaitons quitter l’Europe.
Adhésion à l'association Talents For Future
Nous avons décidé d’adhérer à l’association Talent For Futur (TFF) et de perpétuer leur activité en Amérique du Sud, à savoir, organiser des formations sur les sujets environnementaux actuels.
Novembre 2020 : Formation du groupe.
Notre groupe s’est formé en novembre 2020. Nous avions pour but commun de voyager et sortir de notre zone de confort mais également essayer, à notre échelle, de lutter contre le réchauffement climatique.
Article 17 - Cuzco / Salkantay / Montagne Colorée
17/06 --> 29/06
Après un bon échauffement à Colca, l'heure est venue de s'attaquer aux choses sérieuses pour l'équipe qui se retrouve au grand complet à Cusco.
De mon côté, j'y suis déjà depuis quelques jours et j'en ai profité pour retrouver des collègues de Disney. On a pu faire le trek de Choquequirao sur 4 jours pour découvrir des ruines Incas. Un site beaucoup moins touristique que le Macchu Pichu au coeur d'un canyon avec un parcours plutôt sportif. C'est donc en grande forme qu'on se retrouve tous le soir du 18 juin pour célébrer comme il se doit l'anniversaire du Walter. La ville a décidé de faire la fête pour cette grande occasion. Un feu d'artifices lance les débats suivi par quelques Pisco Sour pour poursuivre la soirée dans l'une des nombreuses boîtes de Cusco. La journée de repos qui suit permet de faire le plein d'énergie et de souvenirs afin d'être fin prêts pour le plus long trek de notre projet. 5 jours de randonnée à proximité du Salkantay (un glacier qui donne son nom au trek) en semi autonomie. Il y a des auberges tout au long du trek ce qui nous permet de ne pas trop se charger en ne portant que les repas du soir et nos tentes.
Le profil du trek est atypique. Une première journée tranquille avec une arrivée directe sur notre campement et une rando pour découvrir une laguna à 4700m d'altitude. Puis, après une montée en début de deuxième journée on part sur de la descente jusqu'au dernier jour à coups de 20kms par jour. Après cette mise en bouche, la dernière journée est la plus dure avec plus de 1000m de D+ autant de négatif et 10kms de plat sans charme le long d'une ligne de train.
Le premier jour se passe sans soucis, on suffoque un peu mais la rando se fait bien. Au retour, après une bonne heure de pause, au moment le plus calme de la journée, je dépose une galette. Un passage à vide rapide sûrement dû à la raclette de la veille, comme expliqué dans le dernier article nos petits corps commencent à ressentir le besoin de se reposer. Le mal de ventre est vite oublié et on se régale le soir avec des lentilles, seul plat sans thon du trek, c'est la fête. Les jours qui suivent sont usant sans être vraiment physique. On se casse les genoux sur la descente mais niveau souffle on ne ressent pas de difficulté, on passe de 4700 à 2000m d'altitude. On quitte le pied du Salkantay glacé où les manches longues ne sont pas de refus pour rejoindre la forêt où les manches longues protègent des moustiques malgré la forte humidité. Changement de paysage bien sympa ! Au niveau de la forêt, on longe un fleuve qui nous apporte pas mal de fraîcheur. Un rythme se met en place avec des départ oscillants entre 6h et 9h, pour éviter les groupes en agence, et des arrivées en début d'aprem pour aller se coucher en vitesse au coucher de soleil, autour de 18h. Oui oui on est des sacrés punks.
Malgré ces longues nuits on arrive au pied du Macchu Pichu un peu éreintés. On sent que le dernier jour va être sport physiquement et mentalement. Après un enchaînement de plus de 2000 marches on arrive au Macchu Pichu à 6h du mat. On visite une première fois le site sans guide, sans réponses à nos questions naissantes. À 7h, il est temps de se défouler un peu. Il y a une montagne juste à côté, la très originale Montagne Macchu Pichu qui ne demande qu'à être gravie. Allez ! 600m de D+ avec 1000 marches en 2km, ça grimpe fort et le point de vue là haut est... nuageux. On reste 30min sur place, à peine le temps d'avoir une éclaircie et il est temps de redescendre. Une visite guidée est prévue à 9h. La visite est beaucoup mieux, on en sort presque cultivés. Cette civilisation Inca qui contrairement à ce qu'on pensait n'a pas eu une très longue histoire. À peine 400 ans et puis s'en va... Pour les grandes lignes, le Macchu a lui mis 100 ans à voir le jour à l'aide de 30 000 esclaves travaillant au quotidien. Le site a été choisi pour sa position stratégique surplombant les forêts environnantes, la source d'eau issue de la dite montagne, l'accès aux pierres directement sur le site pour la construction et la proximité avec le ciel et donc les dieux. Le site est tombé dans l'oubli après la destruction de l'empire Inca par les conquistadors avant d'être redécouvert par l'historien Hiram Bingham en... 1911.
La visite se fait à grande vitesse parce qu'on a un bus en début d'aprem loin du Macchu. La descente se fait au trot, on est cassé en deux à l'arrivée. On range les tentes et les sacs très très vite puis on enchaîne avec 10kms de plat. Distance que l'on fait au pas de course malgré nos sacs sur le dos, 1h20 plus tard on arrive au bus. L'ambiance est tendue, on est tous à cran après cette journée ou plutôt matinée ultra sport et ces 5 jours de marche. Il est grand temps de rentrer. On enchaîne avec 7h de minibus sur des sièges en angle droit, un régal ! C'est brisés en 4 que l'on retrouve nos potes Juliette et Caro avec qui on va gentiment récupérer de nos efforts.
La suite est fin de notre périple à Cusco est bien plus cool avec des massages et auberges tout au long du trek ce qui nous permet de ne pas trop se charger en ne portant que les repas du soir et nos tentes.
Le profil du trek est atypique. Une première journée tranquille avec une arrivée directe sur notre campement et une rando pour découvrir une laguna à 4700m d'altitude. Puis, après une montée en début de deuxième journée on part sur de la descente jusqu'au dernier jour à coups de 20kms par jour. Après cette mise en bouche, la dernière journée est la plus dure avec plus de 1000m de D+ autant de négatif et 10kms de plat sans charme le long d'une ligne de train.
Le premier jour se passe sans soucis, on suffoque un peu mais la rando se fait bien. Au retour, après une bonne heure de pause, au moment le plus calme de la journée, je dépose une galette. Un passage à vide rapide sûrement dû à la raclette de la veille, comme expliqué dans le dernier article nos petits corps commencent à ressentir le besoin de se reposer. Le mal de ventre est vite oublié et on se régale le soir avec des lentilles, seul plat sans thon du trek, c'est la fête. Les jours qui suivent sont usant sans être vraiment physique. On se casse les genoux sur la descente mais niveau souffle on ne ressent pas de difficulté, on passe de 4700 à 2000m d'altitude. On quitte le pied du Salkantay glacé où les manches longues ne sont pas de refus pour rejoindre la forêt où les manches longues protègent des moustiques malgré la forte humidité. Changement de paysage bien sympa ! Au niveau de la forêt, on longe un fleuve qui nous apporte pas mal de fraîcheur. Un rythme se met en place avec des départ oscillants entre 6h et 9h, pour éviter les groupes en agence, et des arrivées en début d'aprem pour aller se coucher en vitesse au coucher de soleil, autour de 18h. Oui oui on est des sacrés punks.
Malgré ces longues nuits on arrive au pied du Macchu Pichu un peu éreintés. On sent que le dernier jour va être sport physiquement et mentalement. Après un enchaînement de plus de 2000 marches on arrive au Macchu Pichu à 6h du mat. On visite une première fois le site sans guide, sans réponses à nos questions naissantes. À 7h, il est temps de se défouler un peu. Il y a une montagne juste à côté, la très originale Montagne Macchu Pichu qui ne demande qu'à être gravie. Allez ! 600m de D+ avec 1000 marches en 2km, ça grimpe fort et le point de vue là haut est... nuageux. On reste 30min sur place, à peine le temps d'avoir une éclaircie et il est temps de redescendre. Une visite guidée est prévue à 9h. La visite est beaucoup mieux, on en sort presque cultivés. Cette civilisation Inca qui contrairement à ce qu'on pensait n'a pas eu une très longue histoire. À peine 400 ans et puis s'en va... Pour les grandes lignes, le Macchu a lui mis 100 ans à voir le jour à l'aide de 30 000 esclaves travaillant au quotidien. Le site a été choisi pour sa position stratégique surplombant les forêts environnantes, la source d'eau issue de la dite montagne, l'accès aux pierres directement sur le site pour la construction et la proximité avec le ciel et donc les dieux. Le site est tombé dans l'oubli après la destruction de l'empire Inca par les conquistadors avant d'être redécouvert par l'historien Hiram Bingham en... 1911.
La visite se fait à grande vitesse parce qu'on a un bus en début d'aprem loin du Macchu. La descente se fait au trot, on est cassé en deux à l'arrivée. On range les tentes et les sacs très très vite puis on enchaîne avec 10kms de plat. Distance que l'on fait au pas de course malgré nos sacs sur le dos, 1h20 plus tard on arrive au bus. L'ambiance est tendue, on est tous à cran après cette journée ou plutôt matinée ultra sport et ces 5 jours de marche. Il est grand temps de rentrer. On enchaîne avec 7h de minibus sur des sièges en angle droit, un régal ! C'est brisés en 4 que l'on retrouve nos potes Juliette et Caro avec qui on va gentiment récupérer de nos efforts.
La suite est fin de notre périple à Cusco est bien plus cool avec des massages et des bonnes bouffes. Comme d'hab, on savoure 1000 fois plus le moindre confort après un trek. Après 5 mois et une multitude d'expériences, je me rends compte que c'est le mode de tourisme que je préfère !
J'aime tout : l'effort, le fait de prendre son temps pour découvrir quelque chose (encore plus quand c'est une merveille du monde), le retour au confort, les nuits en indépendance, le fameux pâte thon tomate au réchaud avec son amie parcimonie (une religion), les coinches avec un glacier en fond, la douce odeur des collègues de tente à la nuit tombée, le kilo de cacahuètes à picorer, la 4e place de Rémy après une montée alors que c'est le seul qui s'intéresse au classement, les envols de bebou le drone...
Après une halte à la montagne Vincunca et ses 7 couleurs, on quitte Cusco. L'ancienne capitale Inca devenue la capitale du tourisme et des treks péruvien. La suite est tout autre avec un retour sur la côte, la découverte d'un oasis, une intervention dans le lycée français de Lima et d'autres...
Aubin.
Article 16 - Puno / Arequipa
9/06 --> 16/06
Peu attirant à première vu, mais incroyable expérience, la Bolivie s'est avéré être une agréable surprise. C'est aussi l'avantage d'avoir un guide par pays, ne rien savoir en avance et être dans la découverte totale, cela permet ce genre de surprise.
Mais fini la surprise pour moi, place au Pérou, le pays à ma charge. J'avais hâte de visiter ce pays, un pays qui m'attirait avant ce voyage, et dont l'organisation du voyage a encore plus assouvie cette volonté de découverte.
Tout commence avec 8h de minibus entre La Paz et Puno, notre première ville étape, capitale touristique et village départ des excursions sur le Lac Titicaca. Je m'en souviendrai de ce trajet et ce n'est sûrement pas un bon souvenir. Effectivement, je peux remercier Guilain pour m'avoir transmis sa gastro, je serai le 2e SAFE soldat à en tomber. Un vomi au bout de 20min de trajet, combiné à de la fièvre et le tout accompagné d'un mal de ventre horrible. Les 0 degrés extérieurs n'ont pas aidés à l'attente de notre correspondance à la frontière, qui paru être une éternité. J'ai fini sur le matelas de trek grelottant et enroulé dans le duvet 0°C pour essayer de me réchauffer en plein hall de la gare. Mon pays commence pour le mieux...
Arrivés autour de midi, je pars pour un aller simple dans le lit du 1er hôtel trouvé (accompagné d'Aubin qui commence à avoir un petit mal de ventre) pendant que le reste de la team s'en va goûter le saumon Péruvien. Le but est alors clair, se reposer au maximum en espérant être en forme le lendemain pour les 2 jours d'excursions sur le Lac. Tout ne se passe pas toujours comme prévu, et il y a certains moment où on préférerait être au chaud dans sa chambre et ne plus en sortir. Mais comme dirait ce bon vieux Aubin, il faut arrêter d'écouter son corps et se persuader que tout ira mieux. Manque de chance, coup du sort, ou frappe du karma, vous appellerez ça comme vous voulez, mais devinez qui tombe malade le soir même ? Et de 3 ! (4 si on considère un Paul mal en point en Amazonie) Est-ce qu'au bout de 4 mois de voyage notre corps commencerait pas à fatiguer ?
Après une nuit agitée, certains membres du groupe vont passer leur tour sur le combo jus de papaye/café du lendemain. Et cerise sur le gâteau, une coupure d'eau surprise dans l'hôtel au petit matin. On vous fait pas un dessin, mais on était pas bien fier de l'état de la chambre à notre départ.
Bref, changeons un peu de sujet, j'espère que vous ne lisez pas ça en mangeant.
Il est 7h et nous avons rendez-vous au port de Puno avec Walter, le capitaine du bateau censé nous amené sur l'île d'Amantini. À première vu, Walter devait nous emmener directement sur l'île sans faire de détour, comme un taxi après tout. Mais on peut dire qu'il en a décidé autrement. Effectivement, Walter et le Pilote Richard, nous emmènent d'abord voir les îles Uros, des îles en bambou construites par des tribus locales. Dit comme ça, ça paraît original et incroyable à visiter. Oui, sauf quand il y a un bateau rempli de 20 touristes pour chaque île de 100m2. On arrive alors sur l'île, ou les mamas nous souhaitent la bienvenue dans la langue locale, le Aymaras. Le chef de la famille nous explique comment l'ile est construite, comment les enfants vont à l'école, comment il se nourrissent etc.. Intéressant, jusqu'à que les mamas nous emmènent dans leur petite hutte et essayent de nous vendre en pleurnichant toute sortes d'artisanat. Walter nous explique qu'il ne sont visité par les touristes qu'une fois par mois, et que la vente de cet artisanat est leur source principale de revenu. Le problème, nous avions prévu tout juste assez d'argent pour l'île Amantini, sûrement pas pour acheter des taies d'oreiller ou des bateaux en terres cuites. On doit alors expliquer ça à la mama larmoyante avec sa fille dans les bras, bref pas une partie de plaisir. Le père de la famille nous emmène ensuite sur l'île principale, à bord d'une barque plutôt originale, la Mercedes Benz d'après eux. Vous vous en doutez, cette ''ile principale'' n'est encore qu'un nid à touriste et aucun de nous n'a envie d'y mettre les pieds. Mais nous n'avons pas le choix, alors nous payons notre ticket d'entrée et attendons 15 min assis sur la paille. C'était un des moments les plus gênants de me vie, et je pense parler pour nous 5. Il faut savoir que notre départ était couronné par le chant des mamas en cœurs ''allouètte jyentille allouètte, yé té plumeré..'' je vous passe la suite. Alors comment déceler le théâtral du vrai rythme de vie de ces tribus, on en sait rien, sûrement autrefois et avant le tourisme de masse, ces familles vivaient réellement sur des îles en bambou, aujourd'hui, difficile d'y croire... J'ai passé beaucoup de temps à vous décrire tout ça, alors que cela n'a pris réellement que 2h, mais c'est un moment important pour nous, c'est à ce moment que nous avons réalisé à quel point le Pérou était touristique. Une autre découverte que l'on a eu durant cette césure : on a du mal avec les touristes et les foules, plutôt hypocrite au vue de notre situation d'ailleurs. La transition touristique entre la Bolivie et le Pérou sera difficile, et on l'a très bien compris.
Walter nous dépose alors enfin sur l'île Amantini, où nous allons passer 2 jours chez Isaac, avec sa femme et sa petite fille de 1an. On espère alors vivre une expérience plus authentique sur le Lac Titicaca. Et effectivement ce fut 2 jours bien plus agréables que la matinée passée. Isaac nous à fait découvrir l'île, ses temples, ses traditions, et nous avons vécu au rythme des locaux pendant 2 jours. Nous sommes allés ''prier'' (faire une vœu) en tournant autour du temple de la Pachamama comme le veut la tradition, on a admiré le couché de soleil du point le plus élevé de l'île, on a pêché au filet, aidé à l'agriculture... On réalise quand-même, qu'au bout de 2 jours on commence un peu à tourner en rond sur cette île de 5km de diamètre, alors on avait du mal à imaginer ceux qui y vivaient toute leur vie. Mais chacun à son rythme, et pour toutes les personnes qui souhaitent une vie tranquille, sans stress et sans trop de mouvement sont alors les bienvenues sur l'île. Autre point positif pour les habitants de l'île, leur bilan carbone dérisoire comparé aux nôtres. Pas de voiture sur l'île, tout le monde vit de l'agriculture, très peu de technologie et de consommation de viande. Seul un trajet en bateau par mois est réalisé pour se réapprovisionner à Puno pour certains produits vitaux.
On a globalement bien aimé ce séjour sur le Lac Titicaca, mais rester en dehors des sentiers touristique va être dur pour la suite du voyage.
Notre prochaine étape, Arequipa ''la ville blanche'' où nous ferons un trek de 3 jours au canyon de colca, 2 fois plus grand que le Grand Canyon aux Etats Unis.
En toute logique, on choisit de faire ce trek en autonomie, en réalisant un trajet alternatif moins fréquenté et plus long que les 2 itinéraires principaux.
Ce fut 3 jours de pur plaisir, des randonnées pas trop longues et des paysages bluffants. Globalement, on marchait le matin et on arrivait en début d'après-midi pour se faire un almuerzo dans notre camping du soir. On a eu pas mal de chance encore une fois, un temps magnifique, des campings de qualité (de la Wi-Fi en trek c'est du jamais vu) et très peu de monde sur notre route. Ressortir la tente et cuisiner au réchaud, on peut le dire, ça nous avait manqué. Vendre un peu de confort pour être totalement libre et indépendant durant 3 jours, ça a fait du bien à tout le monde. Cerise sur le gâteau, un dernier jour avec 1000 de D+, rien de mieux pour se remettre en jambe avant les 2 autres treks (plus difficiles) que nous ferons au Pérou. Faire les randonnées en prenant son temps et observer le paysage c'est bien, mais se rentrer dedans et tâter ses limites physiques, c'est sympa aussi de temps en temps. Et quoi de mieux que 1000 de D+ en 5km de distance pour ça ?
Et on le dit encore une fois, mais le retour à la ville, au restaurant et dans un vrai lit, est mille fois plus apprécié après un trek qu'à n'importe quel moment. On profite alors de nos jours restants à Arequipa pour se reposer, tester les spécialités locales, autant liquide que solide, et encourager cette pauvre équipe du Pérou qui a du mal avec le ballon rond. On vit même un instant culture, en visitant le couvent Santa Catalina, le plus grand couvent d'Amérique du Sud, une vraie ville dans la ville pouvant accueillir jusqu'à 200 nonnes. Malgré une certaine réticence de la moitié du groupe à le visiter, tout le monde est ressorti impressionné et choqué des explications de notre guide française. Petit tips, il valait mieux pas être le 2e enfant d'une famille riche Espagnole, sinon un ticket pour un aller simple au couvent venait directement avec l'accouchement. Premier et dernier instant culture du Pérou, on va pas non plus faire une césure pour se cultiver.
C'est ainsi que se termine notre première semaine au Pérou, entre attrape touriste, découverte de nouvelles cultures, et paysages incroyable ce pays s'annonce autant magnifique que touristique.
Prochaine étape, Cusco, la capitale Inca du Pérou !
Rémy
Article 15 - Rurrenabaque et l'Amazonie
02/06 --> 08/06
Notre prochaine destination se nomme Rurenabaque. C'est un village à seulement 300 m d'altitude. Il fait partie de l'Amazonie Bolivienne.
Le bus de nuit qui s'y rend est cocasse lui aussi. Blindé au dessus de riz et autres denrées, avec un bruit de moteur à faire reveiller un mort, la musique du chauffeur que l'on entendu quasiment dans tout le bus, difficile de trouver le sommeil. Autre exemple, à 18 h, on crève de froid, parce que les fenêtres ne se ferment pas dû aux sangles qui tiennent le riz mais dès 21 h il refait hyper chaud, on commence à descendre en altitude.
Je crois que se fut le pire trajet de Guilain de sa vie. En effet, pour une raison inconnue, il a eu une inflammation du nerf sciatique se qui fait super mal. Il lui faudra plus de 24 h de rétablissement, ce qui laisse le temps au reste de l'équipe de trouver la bonne agence qui nous fera visiter cette région du monde incroyable. Pendant cette journée de repos on se rend compte à quel point c'est sympa de ne plus être à plus de 3000 m d'altitude ! Enfin on retrouve le short / tee shirt / tongue. Et encore, il ne faisait que 25°C dû à la pluie, ce qui est très froid pour la région, qui normalement voisines entre 30 et 35°C.
On part en expédition le jour suivant pour un premier tour de 3,5 jours et 3 nuits dans la selva, ce qu'on appelerait la jungle.
Contrairement à ce qu'on pourrait penser, c'est très dur de voir un animal, on est pas sur l'interdiction de toucher un arbre de peur de se faire mordre par un serpent ou autres bestioles. Le tour consiste en une sorte de trek, avec 2 nuits quasiment à la belle étoile. On dormait sur une sorte de grande table, allongé sur des vieux matelas. Un toit mais pas de mur nous entourait. On devait transporter moustiquaire et duvet. L'immersion est totale, on se balade même de nuit et on trouve un serpent, quelques petites araignées, et même un chat bolivien, sorte de mini jaguar. Anecdote, le serpent, qu'on a faillit écraser au passage, était le deuxième serpent le plus dangereux d'Amazonie !
Deuxième jour, on marche jusqu'au prochaon refuge et encore une fois on se rend compte du bonheur d'être à 300 m d'altitude. Pas de pause tous les 3 pas pour reprendre son souffle, pas besoin de dormir sous 18 couettes sous peine de grelotter toute la nuit ! Durant cette journée, croise cette fois ci des macaos (gros perroquets) et des petits singes jaunes. La nuit, on arrive même à trouver une tarentule ! C'est hyper impressionnant ! Je pense que c'est un des rares animaux que tu vois mieux en vrai qu'au zoo, vu qu'elles sortent chasser la nuit et ne reste pas endormi toute la journée dans leur cage.
Le troisième jour, on part pêcher mais on fait mouche (à part le guide qui arrive à pêcher 2 poissons chats). On rejoint ensuite le camps de base en créant un radeau ! Ça c'était vraiment chouette. On a même pu se baigner car le courant était trop important pour que les caïmans puissent y vivre.
Après ces 3 nuits en jungle, on part pour un tour de 2 jours plus tranquille. On navigue sur une autre branche du fleuve, remplie de caïmans, piranhas, dauphins rose et oiseaux en tout genre. Ces 2 jours ressemble plus à un safari vu la facilité à voir les animaux énoncés. Par exemple, on a du voir plus d'une centaine de caïmans en seulement 2 jours. Niveau activité : pêche de piranhas (on a réussi à en pêcher 2 !), couché de soleil puis levé de soleil le lendemain, recherche du grand serpent de la région, le dit anaconda avec ces 6 mètres de long ! Walter arrive à en voir 1 mais le temps de prévenir tout le monde, l'animal s'enfuit.
Retour à Rurenabaque après ces 5 jours d'expédition. On décide de repartir directement à La Paz le soir même dans un bus étrangement très similaire à celui qu'on a pris à l'aller. Une nuit légèrement plus reposante grâce aux moteurs plus silencieux.
En arrivant, Guilain tombe malade. Décidément ce n'est pas son trajet. On temporise 1 journée à La Paz avant de se rendre directement au Pérou. Notre dernier pays avant le retour en Europe.
En résumé, j'ai trouvé la Bolivie très dépaysante. Premièrement, on voit une grande différence culturelle, contrairement aux autres pays qui se rapprochaient plus du mode européen ou américain. L'exemple le plus flagrant est le faite de se faire interpeller pour nous vendre tout et n'importe quoi. Même les compagnies de bus crient sans arrêt leurs destinations fars et viennent te vendre leur billet direct dans la main.
De plus ici, une grande partie des paysages sont désertiques, mais pourtant très coloré ! Les gens se sont adaptés à cette vie en hauteur, en cultivant par exemple des feuilles de coca, qui selon certain diminue le mal de tête, facilite la digestion et même coupe la faim. J'aimerais revenir sur ce dernier point. C'est le pays le pauvre que l'on a visité. On trouve énormément de personnes affamés, travaillent jusqu'à la fin de leur vie pour subvenir à leurs besoins.
On ne connait pas toutes les aides qui leurs sont accessibles mais ça ne leur permet surement pas de vivre dans le confort que l'on connaît.
Personnellement, j'ai également trouvé que c'est le pays où l'on a pu faire le plus d'activités. Activités des plus originales, typiquement l'ascension d'un mont à plus de 6000 m d'altitude ou la visite de la jungle amazonienne ! Attention tout de même au porte monnaie. Non pas pour les voleurs mais plutôt au coût des guides et des parques !
Paul
Article 14 - La Paz / Huyana Potosi / Deathroad
25/05 --> 01/06
Après en avoir pris plein la vue à Torotoro, nous nous dirigeons vers La Paz, 3300m d'altitude, capitale politique du pays et 2eme plus grande ville de ce dernier. Encore une fois la ville n'est pas très distinguée par son architecture composée seulement de maisons et d'immeubles en briques rouges comme bien souvent en Bolivie. La seule caractéristique qui m'a étonnée est que la ville est structurée en hauteur, pauvres en haut et riches en bas par soucis de température. Le métro est ainsi remplacé par le téléphérique et pas une seule rue n'est plate, ceci engendrant un trafic dense car il est assez physique de se déplacer en montée à cette altitude. Nous ne sommes clairement pas là pour le charme de la ville et ne passerons pas trop de temps à la visiter. Hormis Paul qui passera une journée à arpenter les rues du haut de la ville, où les autres n'auront pas mis un pied. Il aura pu assister à un combat de catch féminin, pas très impressionnant selon lui. Les autres se contenteront de la vue qu'offre le téléphérique nous amenant à la gare. Je dirais que ce désintérêt pour la visite de la ville s'explique par la fatigue du voyage et les paysages majestueux que nous avons pu observer dénotant avec ce paysage urbain et monotone. En effet, après 3mois et demi de voyage, nous devenons naturellement de plus en plus difficiles et blasés par certains points de vue ou couchers de soleil que nous rencontrons. Mais les activités prévues autour de la ville ne nous laisseront pas en reste...
La première d'entre elles est l'ascension du Huayna Potosi. Cet ancien volcan est connu régionalement et dans le domaine de l'alpinisme pour être un sommet à plus de 6000m d'altitude relativement abordable pour les débutants. C'est pourquoi de nombreux touristes de passage où d'alpinistes du monde entier viennent se mesurer à lui, bien sûrs accompagnés par des guides. Après avoir sélectionné notre agence, nous voilà donc en route pour l'ascension en trois jours du monstre. Le programme se décompose ainsi : le premier jour est consacré au trajet jusqu'au pied du volcan à 4800m et au test du matériel, le deuxième jour, nous montons au Campo Alto à 5200m et nous nous reposons puis le troisième jour se fait l'ascension, la redescente et le retour à La Paz. C'est donc sans grande difficulté que nous effectuons les 2 premiers jours visant à l'acclimatation de notre corps à cet environnement hostile. Vivant à plus de 3000m depuis déjà un petit moment, nous ne rencontrâmes pas de problème majeur hormis quelques petits maux de tête. La difficulté se fera ressentir le 3eme jour. Tout d'abord au niveau mental, les abandons sont fréquents et je me questionnais sur ma capacité à effectuer la montée. D'autant plus que même si nous randonnons fréquemment durant ce voyage, nous passons énormément de temps à manger et moins à faire de sport, j'ai l'impression d'avoir perdu un peu de condition physique ces derniers mois. Le réveil sonne donc à 1h du matin car l'ascension se fait de nuit pour profiter de la dureté de la glace et observer un lever de soleil au passage. Je l'ai pas fermé l'œil de la nuit à cause de l'excitation de relever ce défi. Il en est de même pour beaucoup de monde dans le dortoir. 900m nous séparent du sommet s'élevant à 6088m d'altitude. Tout le monde se pose la même question : vais-je réussir à les gravir ? Nous équipons notre tenue composée de crampons, casque, frontale, tenue intégrale étanche et coupe vent, gants, cagoule et cordes nous reliant au guide. La montée sur glace commence avec un rythme doux, trop doux à mon goût mais je le prends comme une économie d'énergie. Aller trop vite au debut aurait pu être une erreur menant à l'abandon. Même s'il fait nuit, je suis impressionné par ce qui nous entoure : des chenilles de lumières s'attaquant à l'ombre blanchâtre du volcan, des lumières scintillantes dégagées au loin par La Paz et le ciel étoilé reflétant la voie lactée. Nos guides, nous font passer par des endroits techniques dénotant du chemin que tout le monde emprunte. Puis la cadence s'accélère et le guide décide de multiplier les hors-piste en grimpant des pentes bien plus abruptes que les chemins définis. Dopé au chocolat, au Powerade et à l'adrénaline, je rentre dans la cadence du guide et ne laisse pas la corde entre lui et moi se tendre une seule fois. Mais le manque d'oxygène se fait sentir et plusieurs membres du groupe sont pris d'envies de vomir et de coups de barre. Nous parvenons tout de même en bas de là crête finale. Tous nos soucis sont alors oubliés devant la magnificence de l'environnement. D'un côté se trouve le crépuscule dominant une mer de nuages, de l'autre un mélange de ville, lacs et montagnes. Une fois au sommet, la beauté ambiante, l'altitude et la fierté due au succès de l'ascension me prend le coeur et humidifie mes yeux souffrant du froid et du vent. Émotion et l'adrénaline passées, il faut encore descendre 1300m. Un mal de crâne dû à l'altitude apparût. Très intense pour certains, il provoqua des coups de fatigue et ralenti la descente mais nous arrivons vivants et bouleversés par l'expérience que nous venons de vivre. Cette ascension fut unique, le défi de repousser mes limites et celles de l'altitude à été quelque chose que j'ai fortement apprécié. Le fait d'avoir été transcendé par l'adrénaline et d'ainsi avoir réussi sans gros problème une telle épreuve me rend fier de moi. Je fus cependant frappé par ce que je pense être un contrecoup de l'ascension 36 heures plus tard qui m'a cloué de fièvre au lit pendant toute une soirée et une nuit.
La deuxième activité marquante de ce séjour à La Paz à été la descente de la route de la mort. Cette route était autrefois le seul accès à la capitale du Pays. Elle est sinistrement connue pour les nombreuses morts causées, au rythme de 300 par an, par l'étroitesse et la hauteur du chemin. Aujourd'hui, elle n'est plus utilisée que pour le tourisme et notamment les descentes à vélo ce cette dernière. C'est donc munis de VTT et accompagnés d'un guide que nous nous aventurons en direction de la Deathroad. Pour nous mettre en jambe et nous habituer aux vélos, nous descendons d'abord là Happy Road, totalement goudronnée et bordée de très beaux paysages, montagneux encore une fois. Nous entrons ensuite dans le vif du sujet sur la route de la mort qui, elle, est étroite, sinueuse et caillouteuse. Chaque virage à son nom et une histoire de mort associé, cela fait froid dans le dos. Heureusement pour nous qu'il n'y a pas eu de morts depuis trois ans. Au fur et à mesure que l'altitude baisse, les paysages deviennent tropicaux et la chaleur s'intensifie. Nous terminons la descente dans une maison équipée d'une piscine et d'un très bon buffet nous permettre de nous remettre de toutes ces secousses au niveau des fesses mais aussi de la vue.
Ce petit avant goût de forêt tropicale nous aura t-il mis en jambe pour ce qui nous attend en Amazonie Bolivienne ? Réponse au prochain article.
Walter
Article 13 - Uyuni et Torotoro : deux paradis à 3000m d'altitude
14/05 --> 24/05
Après une expérience riche en émotions dans la mine de Potosi, nous voilà prenant un énième bus depuis le début de cette césure, direction la ville fantôme d'Uyuni. Nichée au beau milieu de nulle part, il y fait très froid, il y a énormément de vent, elle est terriblement moche et en plus elle est sale, bref ca ne restera pas dans nos mémoires. Après tout, nous y sommes pour seulement une après midi et une nuit, car le but principal est évidemment d'aller au Salar, peut être la seule partie de Bolivie connue par le monde entier.
Le lendemain, nous voilà donc partis pour 4 jours de tour avec notre guide-pilote Mario. Nous avons en plus payé un peu plus cher pour pouvoir faire un tour dit "alternatif", dans le but d'éviter toutes les autres voitures pour pouvoir profiter quasi-seuls de tous les paysages. Il y a en effet + de 50 agences à Uyuni, alors imaginez le nombre de voitures...
Premier stop au cimetière des trains, où Paul en profite pour faire peur à tout le monde une énième fois en sautant partout, comme d'habitude. Nous remontons ensuite dans le 4x4 pour plusieurs heures de voiture sans grand intérêt, le tour alternatif est à ce prix. Après un almuerzo au milieu de nulle part, nous repartons et faisons plusieurs stops où, en effet, nous pouvons profiter seuls de tout ce que nous voyons. Tout d'abord un lac Vert, où de nombreux lamas nous accueillent. Ensuite une ville de pierres où, évidemment, un certain Paul Fayet saute et grimpe à tout va, j'imagine même pas la réaction de mamie Jolie en voyant ça ... On en profite pour voir la coupe du monde taillée en pierre, et après quelques heures de route supplémentaires, nous voilà dans notre première auberge pour la nuit. Walter, Paul, Aubin et moi faisons alors 3h de coinche en attendant l'éclipse de lune qui sera vraiment pas folle, pendant que Rémy préfère se reposer pour le lendemain.
Le lendemain justement, après un bon petit déjeuner, nous partons en direction de la laguna colorada. Je n'avais jamais vu ça de ma vie, aucun de nous cinq d'ailleurs je pense. C'est un lac absolument magnifique, où le rouge, le blanc, le vert, le jaune et autres se mélangent et forment un paysage sensationnel. Nous en profitons pour faire voler bebou et prenons une centaine de photos par personne. Comme si cela ne suffisait pas, nous arrivons ensuite à des geysers, ce qui fut encore une première pour moi. Évidemment nous reprenons des photos à travers la fumée, et c'est des étoiles plein les yeux que nous arrivons à l'endroit de notre déjeuner, qui sera aussi celui de notre nuit : des termes a 4000m d'altitude devant un lac majestueux. L'après midi sera moins follichonne, un lac et le soit disant désert de Dali, malheureusement on avait pas la ref. La fin d'aprem est bien plus réjouissante, puisqu'il s'agit tout simplement d'une baignade dans les termes à 40 degrés ! La sortie est par contre bien plus difficile, la chute de tension est terrible !!!
Passons au 3eme jour. Un jour décevant jusqu'à 16h à peu près. Le début est pourtant super cool : nous nous levons à 5h30, Paul Rémy et Walter allant aux termes pour le lever de soleil, alors que aubin et moi prenons des photos de plus haut. Mais après cela, nous ne verrons rien de bien sympa. Je pense que le facteur fatigue rentre en compte (cela fait maintenant 3 jours que nous nous levons très tôt, nous faisons beaucoup de voiture). Il y a aussi le fait que c'est tout simplement moins beau que la veille. Mais il y a surtout l'impatience d'arriver en fin d'après midi au salar, ce pourquoi nous sommes venus initialement. Et en effet, quand à 16h nous voyons les premiers grains de sel au bord de la route, nous sommes très heureux et tout de suite bien plus excités. Nous y sommes pour le coucher de soleil, Mario sort une bouteille de vin et des chips, nous prenons des photos magnifiques, c'est la deuxième mandale du tour ça c'est sûr. La soirée se poursuit dans note hôtel de sel, où un cocktail et une autre bouteille nous attendent, bref le bonheur. C'est ce qu'on appelle une fin de journée mémorable.
Le 4eme jour commence à 5h du matin... Eh oui, après le coucher, place au lever de soleil. Direction une île au milieu du salar, où nous pouvons apprécier encore plus que la veille l'étendue désertique qui s'offre à nous, et ce à 360 degrés. Encore une fois nous sommes sous le charme, la Bolivie nous réserve décidément des paysages sublimes. Après un petit déjeuner au milieu du Salar, nous partons en voiture direction la ville ignoble d'Uyuni, le chaud-froid va être dur. Nous en profitons pour faire un dernier stop pour prendre des photos marrantes, et le tour se termine.
Ce fut éprouvant, on ne pouvait plus blairer les innombrables heures de voiture, mais c'est absolument à faire si vous visitez la Bolivie un jour. Ce sont des paysages uniques, à faire une fois dans sa vie. Et comble du bonheur, ce tour "alternatif", qui nous a permis d'échapper à tous les autres touristes, pour pouvoir encore plus en profiter.
Vous vous en doutez bien, on ne va pas rester plus longtemps à Uyuni. Le soir même, bus Cama direction Cochabamba, capitale gastronomique du pays. Je n'en parlerai pas plus que ça, tour simplement parce que nous n'avons pas fait grand chose à part nous reposer et manger (le restaurant Paprika est dans nos coeurs à tout jamais). Nous avons aussi gravi les 1250 marches qui nous séparaient du plus grand Corcovado du monde (30cm plus grand que Rio quand même !). A part ça, rien.
Passons donc à Torotoro. Drôle de nom n'est ce pas ? Il s'agit d'un minuscule village à 3000m d'altitude perdu au milieu de nulle part, accessible seulement en minibus, à 4h de Cochabamba.
Le premier soir, nous allons au café cretácico, très bien noté par les français ... Tout simplement parce qu'ils y font de délicieuses raclettes !!! ALLELUIA DU BON FROMAGE.
Mais nous sommes samedi, et le samedi au café cretácico, il y a bien plus d'alcool que de fromage... Le café est blindé, nous rencontrons Romane, une française étudiante en école d'ingénieur (Mines Nancy) et en césure comme nous, qui ne nous quittera plus pendant tout notre séjour. Après quelques verres, le patron nous en offre quelques autres, et c'est un peu pompettes que nous nous dirigeons vers une des trois boîtes de nuit de torotoro, qui doit compter 1000 habitants à tout casser, cocasse.
Le lendemain, certains ont l'esprit très très embrumé, Walter et Aubin pour ne pas les citer. Walter décide même de rester à l'hostel toute la journée, quand les autres partent avec Romane voir un magnifique canyon. Évidemment, dans le canyon il y a des pierres, donc P. Fayet saute de partout, et il y a une cascade, donc P. Fayet saute de partout. La base. Aubin et Rémy l'accompagnent, et Guilain, qui commence à avoir une gêne à une fesse, décidé de rester sage. Pour fêter tous ces sauts, direction le café cretácico pour... LA RACLETTE. UN BONHEUR. ENVIE DE CHIALER RIEN QUE D'Y PENSER. Vous pouvez pas savoir comme la bouffe française me manque.
Le lendemain, nous partons avec le même guide que la veille visiter de magnifiques paysages le matin, mais surtout une grotte profonde de 7km l'après midi ! Nous ne ferons que 300m de profondeur, mais c'était déjà impressionnant ! Encore une sacrée expérience, que j'ai personnellement adorée, nous avons dû ramper, grimper ou descendre grâce à plein de cordes, c'était très chouette !!
Le lendemain, il s'agit du dernier jour à Torotoro (déjà .. ). Nous marchons 4h aller-retour pour aller voir un très joli point de vue conseillé par le gérant du café cretácico, et il est temps de dire au revoir à Romane et de repartir, d'autres aventures nous attendent.
Je ne sais pas si je suis très objectif sur la Bolivie étant donné que c'est moi qui ai préparé le pays en amont, mais je trouve le pays incroyable. La richesse et la diversité des paysages, la gentillesse des locaux, le prix (très peu cher pour tout ce que nous faisons), c'est pour l'instant un réel coup de coeur et ça me donne envie de le faire découvrir à mes amis et ma famille. Et encore, je ne savais pas tout ce que nous allions vivre encore...
Guilain
Article 12 - Sucre / Potossi
07/05 --> 13/05
Après une nuit de bus nous arrivons dans la ville de sucre, la capitale culturelle du pays. Avec ses 3800m d'altitude et ses nombreux vallons, les premiers pas avec nos valises de 15kg sont loins d'être évidents. Une petite sieste et on part déambuler dans le centre ville qui présente plus de charme que tout ce qu'on a pu voir jusqu'à présent. Une architecture coloniale, avec de grands bâtiments blancs et colorés. Le passage au mercado central a entraîné un léger craquage de notre part, où on a pu se laisser tenter par quelques vêtements, brodures et jus de fruits locaux. Après avoir visité le musée de la monnaie, et en avoir appris sur les roches et matériaux boliviens, on part à la rencontre de notre agence pour l'organisation des 3 prochains jours de treks dans les montagnes à l'est de sucre.
Que dire sur ces 3 jours... 3 jours aux côtés de Hugo, notre guide passionné des sociétés locales, engagé pour conserver ces cultures reculées, loin de toute technologie et du capitalisme plus généralement.
3 jours à travers des montagnes multicolores, des déserts, des canyons, des cascades et des vues à couper le souffle.
Mais pour ma part, le plus marquant durant ces 3 jours, c'est cette immersion parmi les communautés locales. Nous finissions de marcher aux alentours de 15h, nous avions donc tout le reste de la journée pour découvrir les coutumes et les populations de nos petits villages étapes. On a eu la chance de faire un match de foot contre les élèves du collège / lycée de Maragua, et malgré les 3500m d'altitude et les 16km dans les jambes, la vue du ballon donne un second souffle. C'était un moment inoubliable. Dans la même soirée, on a pu assister à une démonstration musicale, à base de flûte de pan, de tambours et guitares (faits différemment des instruments que nous avons l'habitude de voir). Et comme la musique ne vient jamais seule, on a sorti nos meilleurs pas de danse pour accompagner tout ça. Cette belle journée s'est fini par une petite partie de bille contre 2 jeunes de l'école. Après plusieurs parties, on peut affirmer que les boliviens sont meilleurs aux billes qu'au foot, dommage pour octobre 2022.
La prochaine étape de notre voyage est perchée à 4100m d'altitude, et n'en est pas moins chargée en histoire et traditions. Je parle de Potosi, une ville ou toute l'économie tourne autour de sa mine d'argent et de zinc, où plus de la moitié des hommes y travaillent. Pour décrire notre expérience dans cette mine, je vais vous laisser lire une partie écrite par Aubin :
"Journée riche en émotion aujourd'hui avec une activité aussi inédite que marquante. Nous partons à la découverte du poumon économique de Potosí, sa mine. Une mine d'argent et de zinc qui voit défiler plus de 35 000 miniers au quotidien. 20 de jour et 15 de nuit. Cette montagne, aux air de gruyères avec ses 200 entrées, recrache du minerais à raison de milliers de tonnes par jour.
Nous partons avec un stock de sodas, biscuit, feuilles de coca.. à offrir aux travailleurs. Notre guide nous équipe de la tête aux pieds pour aller à la rencontre de ses anciens collègues. Nous rentrons, frontale à plein régime, dans un des trous de souris. Le défilé continu de chariot rythme la découverte de la mine. À chaque chariot il faut se ranger sur le côté pour laisser libre la voie d'accès sur les rails. Dans un sens le chariot arrive vide à vitesse grand V. De l'autre deux hommes pousse 1 tonne de minerais vers le grand jour. Un chariot déraille, on est réquisitionné pour remettre en place la tonne. Plus on avance, plus le souffle manque malgré le réseau d'air comprimé présent dans toute la mine. Après un chemin à peine plus large et haut qu'un chariot nous arrivons à un lieu d'extraction. Il y a 3 étages étages. En bas la dynamite et le marteau piqueur jettent du minerai. Le treuil électrique amène le minerai en hauteur. À grandes pelletées, les mineurs du haut alimentent des toboggans pour remplir les chariots sur rails. On reste bouches bées devant ce spectacle fou à cette altitude et dans ces conditions.
Des conditions qui offrent une durée de vie moyenne de 45 ans. Début de carrière en tant que pelletier à 15 ans et après avoir gravi les échelons, artificier de 30 à... Dernier post le mieux payé, 650 dollars/mois actuellement, mais aussi le plus exposé aux poussières. Ce qui conduit à des maladies respiratoires et à une diminution drastique de la durée de vie. Notre guide qui a commencé à 13 ans a perdu son dernier compagnon il y a 6 ans. Lui, il a arrêté la mine à 19 parce que son père et son grand père sont morts dedans. Il y retourne de temps en temps car ses oncles et ses cousins y travaillent.
C'est dans cette bonne ambiance que nous découvrons la superstition des miniers. Le mercredi et le vendredi ils rendent hommage au diable, leur ami. Les espagnols ont expliqué que le diable aspirerai l'âme des miners fainéants. Alors autant le mettre de son côté avec des offrandes. C'est aussi l'occasion de boire quelques coups à raison d'alcool à 96°. De plus, les femmes ne doivent pas toucher les marteaux piqueurs de peur de rendre jalouse la Pachamama et d'enrayer la machine.
À l'âge d'or de la mine, la monnaie était faite à 97% d'argent et pour une tonne extraite, on récupérait plus de 800 kg d'argent. Il y en avait tellement qu'on le transformait en tout et n'importe quoi, même des pots de chambre. Aujourd'hui, on récupère 1 à 2g d'argent et une quinzaine de grammes de zinc par tonne. L'entracte industrielle dûe à la pandémie a relancé le besoin de matières premières. Aujourd'hui l'argent vaut cher et conduit à une augmentation des salaires. Mais les scientifiques alertent sur la fragilité de la structure de la mine. D'ici 50 ans la mine devra sûrement fermer. Environ 40% des enfants décident de rompre avec la tradition familiale et partent étudier. Il y a un changement des mentalités.
Cependant, le métier est une fierté pour les travailleurs. C'est des générations et des générations qui se sont enchaînées dans les sillons de cette montagne. Comme le rappel notre guide, cette fierté est la même que celles des français du nord il y a quelques temps.
Nous ressortons impressionnés par cette visite."
Vous l'aurez compris, la Bolivie est un pays très pauvre, et je pense pas trop prendre de risques en affirmant que c'est le pays le plus pauvre de notre parcours. On ressent globalement moins les différences de classes sociales comme on pouvait le faire au Brésil ou en Argentine, où l'on pouvait passer des grattes Ciels et centre économiques aux bidonvilles et favelas en 10min de trajet. Les rues sont remplies de petits vendeurs spécialisés, de petits épiciers, ouverts directement sur les trottoirs. On pourrait croire à une sorte de marché géant.
D'un autre côté, les boliviens sont très fiers de leur culture, que l'on a pu observer dès le passage de la frontière. Les bonnets et panchos de toute les couleurs, les tissus brodés, les instruments, tout est atypique. Beaucoup parlent encore le Quechua, la langue de leurs ancêtres. C'est aussi une volonté de l'État, qui favorise la conservation des sociétés plus reculée notamment en offrant des infrastructures telles que des gymnases ou encore des habitations aux paysans. La gouvernance du pays est partagée entre cette volonté de conservation culturelle et le développement du pays. Cela se traduit par exemple par l'alternance de l'enseignement du Quechua et de l'anglais en seconde langue dans les écoles par exemple.
Une chose est sûre, on restera marqués par ce pays.
Rémy
Article 11 - Salta / Yucuitiba / Santa Cruz
30/04 --> 06/05
Salta, 3 nuits
Après un joli 30 heures de bus cumulées sur deux jours, nous arrivons à Salta. Objectif principal, trouver de la mala pour s'offrir une location de voiture pendant 3-4 jours. Nous souhaitons faire une boucle au nord de Salta. La region est connue pour ses paysages désertiques, ses montagnes colorées, son désert de sel... C'est simple, on veut en voir le plus possible. Quoi de mieux qu'avoir son propre véhicule et dormir à la belle étoile dans nos tentes pour profiter pleinement de ces paysages. Joli plan sur le papier mais après avoir récupéré une belle liasse de billets dans un WU, nous découvrons que les cartes de débits sont nécessaires pour assurer la caution de la voiture. Toutes nos cartes sont des cartes de crédits. Têtes baissées nous allons nous renseigner sur les visites organisées par les tours opérateurs. Ça sent les 40 heures de minibus pour une belle pause de 5 minutes... C'est ce qu'on peut appeler une magnifique désillusion ! En plus on se retrouve avec assez d'argent pour nourrir l'équivalent du Bangladesh en pesos argentin. Pesos argentin qui ne vaut rien dans les autres pays, du moins c'est ce qu'on croit. Au final on se console en menant une vie de roi pendant quatre jours à coup de resto entrée plat dessert malbec, la totale. On part sur deux jours de minibus. On commence par la découverte des Salinas Grande, le plus grand désert de sel d'Argentine situé sur un plateau à 3500m d'altitude accompagnée d'une visite de la ville Purmamarca et sa montagne aux sept couleurs. Journée qui nous réconcilie avec les sorties en minibu. En effet les temps libre accordés permettent de profiter pleinement des lieux et les paysages sont incroyaux. Le drone en profite même pour embrasser les cailloux. C'était une sacrée journée qui se termine dans l'un des meilleurs resto de la ville. On repart le lendemain pour découvrir les bodegas de Cafayate. En n'oubliant pas de passer par la Quebrada de las Cochas. Route traversant un ancien lac asséché depuis les dinosaures et qui a laissé place à des montagnes fracturées. Le guide parlant anglais, incroyable, nous raconte toute l'histoire de la région. C'est passionnant et on découvre une nouvelle Gargantua del Diablo, un amphithéâtre naturel. Malgré une série de vin de mauvais goût, on a bien aimé cette journée dans ces paysages atypiques.
On quitte Salta le soir même pour rejoindre une ville à la frontière Bolivienne. Après une courte nuit nous passons la frontière à pied. Cette fois ci pas de zone internationale, les deux villes, une argentine et une Bolivienne, sont accolées. Le passage de douane est un peu long, Paul en a même profité pour prendre un cours d'espagnol, mais on s'en sort sans soucis.
Clap de fin pour l'Argentine, un pays aux multiples visages avec une histoire forte. On en a eu pour tout les goûts avec de la culture, de la nature, de la gastronomie, de la boutanche...
Yucuitiba, Santa Cruz, 2 nuits
Journée typique d'une entrée dans un nouveau pays. Achat de carte sim, retrait d'argent et découverte rapide de la ville frontalière, Yucuitiba, avant de partir le soir même pour la suite du périple. Après une deuxième nuit d'affilée dans un bus, nous arrivons aux aurores à Santa Cruz, première étape bolivienne. Petit déj à base de salteñas, empanadas typiques de Salta composées de poulet au miel avec des patates. Nous enchaînons avec la visites des églises de la ville. La cathédrale est de loin la plus belle et il est possible de monter au clocher pour avoir une vue d'ensemble sur la ville. Une chose nous frappe dans cette ville, 1 million d'habitant pour 0 tour. La ville est plate et éclatée. À part à proximité de la place centrale, les bâtiments sont vétustes, en construction ou sans fenêtre. On comprend que l'on est plus sur les mêmes standards que les précédents pays. Ici, 1 euro vaut 7 bolivianos et l'almuerzo, déjeuner typique du mercado central à base de soupe accompagné d'un plat à base de viande, coûte 12 bolivianos. On devrait pouvoir rester dans le budget. La pauvreté est omniprésente et on ne cesse de recevoir des mains tendues. Nous rejoignons notre hôtel pour récupérer de la fatigue accumulée des dernières nuits en bus.
Après une excellente nuit nous partons à la découverte du zoo de la ville. Zoo qui concentre toutes les espèces observables en Bolivie, du puma au boa constrictor en passant par le condor des Andes. Une diversité impressionnante mais certaines espèces ne semblent pas au mieux dans leurs enclos. On garde un sentiment mitigé. Passé l'utilité du zoo pour la préservation des espèces en voie de disparition, se pose la question du respect des conditions de vie des animaux. Ici, certaines espèces ne semblent pas avoir des enclos de tailles adéquates. On peut le voir avec un puma tournant en rond en continu dans son enclos ou encore un singe tentant d'exploser un grillage. Nous quittons Santa Cruz pour rejoindre la belle ville de Sucre.
Aubin
Article 10 - Valparaiso / Concón / Lycée de Vina del Mar
25/04 --> 29/04
Valparaiso, notre prochaine destination est une ville en bord de mer à 1h30 de bus de Santiago seulement. Elle est connue pour son lot de maisons colorées, de tags sur les murs et son dénivelé. En effet, même au bord de mer, les montagnes ne sont pas loin. Cette ville portuaire grimpe dans les collines à plus de 100 mètres d'altitude.
Nous voilà donc dans ce lieu assez tranquille. Pas de chance, les nuages sont de la partie. Après une visite de la partie la plus touristique et la plus belle de la ville, nous partons direction Concon, petite ville légèrement au Nord de Valparaiso. À noter qu'à part la petite visite de la ville, nous n'avons fait que manger durant cette journée ! Asiatique à volonté le midi, goûter brownie/cheesecake, puis courses pour le repas du soir !
Ainsi nous voilà le soir même dans un appartement à Concon pour 3 jours !
Et oui les affaires reprennent, dans 2 jours nous avons une conférence dans le lycée français de la ville. Mais avant ça : surf et débat philosophique ! Ce sont certes 2 activités qui n'ont pas grand chose à voir en commun mais nous les avons enchaînées, seule une nuit de sommeil les séparent. Le débat dure toute une soirée et beaucoup de thèmes sont abordés. Pour n'en citer que 2, l'enfance, le collège avec ses bons et mauvais points, ou encore la mort, l'au delà. Des thèmes pas forcément tous joyeux mais qui nous tiennent à cœur. Le surf se concentre plus en un aller retour assez efficace. C'est en effet sous une pluie diluvienne que nous partons à la recherche de vagues. Premier plouf dans l'océan Pacifique, l'eau n'est pas plus chaude que la manche à la même époque ! Saississante, elle nous prend les pieds et la tête. Certains sont même sortis plus tôt à cause du froid. Frigorifiés, trempés de la tête aux pieds, nous rentrons tous nous réchauffer avec une bonne douche. Ce soir là, c'est révision de diapo en vue du lendemain. Et pour la première fois, nous devons nous séparer pour faire des conférences dans 2 classes simultanément. 2 teams se forment : Walter-Guilain-Rémy et Aubin-Paul.
La journée se passe bien, la matinée est consacrée à la fresque du climat, on forme une cinquantaine d'élèves de terminale. L'après-midi est axée sur les diapos. Les élèves sont attentifs et ils ont même préparés des questions à nous poser sur nos parcours professionnels. C'était assez intéressant de parler de ça avec eux, certains voulant étudier en France l'année prochaine.
Le soir, nous sommes "invités" dans un restaurant au bord de mer. La vue est magnifique mais la note est aussi salée que l'eau sous nos pieds ! Nous fêtons ainsi notre fin de journée bien remplie. Tellement remplie qu'on loupe le dernier bus pour finalement rentrer à pied pendant 1 h 20.
Dernier jour à Concon, certains revanchards retournent surfer tandis que d'autres vont grimper la colline de la ville.
Vient ensuite la fin du Chili. En effet, le soir même nous partons à Santiago pour ensuite quitter ce pays direction Mendoza en Argentine tôt le lendemain. Que le temps passe vite quand on s'amuse !
Cet au revoir n'est pas un adieu. Si tout se passe comme prévu nous sommes censés visiter le Nord du Chili 2 semaines après être rentrés en Bolivie. Nous voilà donc partis pour 10 heures de bus, et seulement 3 heures de correspondance avant de repartir pour Salta, au Nord de l'Argentine. Au total, 30 heures de bus nous attendent. Notre patience risque d'être mise à l'épreuve...
Paul
Article 9 - Puerto Montt / Temuco / Chaiten / Santiago
19/04 --> 24/04
C'est lors d'une journée pluvieuse que nous arrivons à Puerto Montt, ville étape de notre remontée vers le Nord du Chili. Le retour à la civilisation est presque déboussolant après deux semaines en Patagonie. Après seulement quelques jours, je m'étais habitué à la vie d'auto-stoppeur/campeur dans le sud profond du Chili, isolé du reste du pays de par l'absence de liaison terrestre. Ayant vécu la plupart de ma vie dans des grandes villes, ce n'est pas non plus avec peine que je retrouve ce bout de civilisation. Nos comportements dans la gare le démontrent : achat d'une multitude de nourriture dans les commerces et utilisation excessive de nos téléphones. Nous avons bel et bien été rattrapés par nos habitudes de consommation. Les vaches entassées dans des camions de notre ferry ayant grandi dans l'immensité naturelle de la Patagonie et sûrement destinées à l'abbatoir pourront en témoigner...
Je retrouve également le plaisir de pouvoir prendre des bus et donc d'avoir de la certitude sur notre capacité à arriver à une destination en temps et en heure. Non pas que l'expérience stop m'ait déplu, bien au contraire : nous avons pu rencontrer des gens, échanger avec eux et se déplacer de manière plus ou moins efficace. Le fait est que nous ne pouvons pas nous permettre d'en faire par manque de temps. Nous avons vu les choses en grand en voulant parcourir en seulement cinq mois la totalité de cinq pays bien plus grands que la France. Il est donc inconcevable de faire en deux ou trois jours des distances que nous pouvons faire en seulement 6 heures de bus. Nous sommes aussi cinq voyageurs et nous sommes obligés de prendre deux voitures différentes ce qui peut s'avérer contraignant. Notre utilisation du stop pour se déplacer entre les villes étape s'est arrêtée probablement en Patagonie mais nous n'hésiterons pas à en faire à nouveau lorsque nous devons faire une activité loin de notre point de résidence.
Nous nous dirigeons donc en bus vers Temuco, ville sans grand charme où nous ne resterons qu'une nuit. Qui dit retour à la civilisation dit retour dans un vrai lit, ce qui ne nous était pas arrivé souvent au cours des dix derniers jours du voyage. Nous avons pu observer un point de vue sur la ville très peu impressionnant par rapport à tout ceux que nous avons pu faire. Je me rends alors compte de la chance de pouvoir voyager aussi longtemps et donc de multiplier les opportunités d'observer des vues bien plus époustouflantes que celle-ci.
Nous nous rendons ensuite à Pucón où nous avons prévu de rester plus longtemps. Nous hésitons longuement à faire du camping sauvage pour continuer à limiter nos dépenses mais les jours de lourdes pluies annoncés ainsi que les activités que nous avons prévu nous en dissuadent. À cause de la météo et à mon grand regret, le volcan Villarrica n'est pas praticable. C'était pourtant la principale raison de notre venue à cet endroit. C'est aussi ça le voyage, devoir s'adapter en toutes circonstances également en fonction de la météo. D'autant plus que nous avons étés relativement gâtés à ce niveau là. Nous choisissons alors le rafting pour notre première activité. Ce fut une expérience incomparable avec les autres raftings que j'ai pu faire, habituellement très tranquilles et pas particulièrement froids. Ici, il fallait écouter à la lettre le moniteur et manœuvreur du bateau car le moindre coup de pagaie mal placé pouvait faire chavirer l'embarcation dans une eau que personne n'avait envie de goûter. À la suite de cette expérience, nous avons fait quelque chose que nous avons rarement l'occasion de faire lors de ce voyage : passer l'après-midi au lit. Frigorifié et non envieux de subir la pluie extérieure, j'ai apprécié ce moment. Une action si simple peut être si satisfaisante en fonction de ce que nous avons fait avant. Le jour suivant, nous avons eu le choix entre combattre à nouveau la pluie dans un parc national ou se prélasser dans des thermes naturels. Encore impactés par la sortie d'hier, nous avons choisi la seconde option. Une piscine avec une eau riche en minéraux et à une température entre 38 et 40 °C nous a accueilli pendant près de deux heures. Ce fut l'occasion d'aborder d'autres sujets que ceux que nous avons d'habitude concernant l'organisation de la suite. Le froid nous a ensuite rattrapé lors de nos 2h d'attente pour un bus qui passe seulement deux fois par jour.
S'en est suivi un bus de nuit pour Santiago. La capitale du pays concentre le tiers des 20 millions d'habitants du Chili. Nous le remarquons tout de suite au vu de l'étendue de la ville mais aussi de la pollution ambiante. Santiago est l'une des villes les plus polluées du monde à cause des montagnes qui l'entourent. Cette ville m'a donc rappelé Grenoble, ma ville d'étude. Je n'aurais jamais cru dire ça mais après avoir vu la ville depuis la colline de Santa Lucia, je l'ai trouvée moins charmante que Grenoble. Le Chili étant le pays le plus riche d'Amérique du Sud et sa capitale la plus riche des villes du pays, je m'attendais à une ville propre, bien aménagée et une pauvreté moins apparente que dans les autres métropoles du continent. Je fus déçu car il n'en est rien de tout ça. La pauvreté est toujours bien présente avec des sortes de brocantes ou les gens vendent tout ce qu'ils peuvent, des vêtements plus qu'usagés jusqu'aux casseroles irrécupérables en passant par des téléphones portables cassés de l'ancien temps avec un supplément égouts à ciel ouvert. Bien sûr, cela dépend des quartiers, les touristiques étant aménagés à la perfection comme au Cerro San Cristóbal, colline qui offre une belle vue sur la ville avec évidemment un Christ Rédempteur comme dans tous les points culminants du continent. Santiago fut également une occasion de renouer avec des activités culturelles comme la visite des différents monuments emblématiques de la ville et de musées. Le musée d'histoire naturelle nous a exposé les très diversifiées faune et flore présentes au Chili, plus long pays du monde avec 4300km en distance Nord-Sud. Le musée d'histoire national nous a détaillé l'histoire du Chili, notamment lors de la révolution d'indépendance des pays d'Amérique latine, initiée par les lumières Françaises et par la chute de la couronne Espagnole à cause de Napoléon. J'ai trouvé ces visites très intéressantes et complémentaires avec toute la nature que nous avons pu traverser avant de parvenir dans la capitale. Enfin pour compléter notre immersion Chilienne, nous avons rencontré Rodolfo via l'application Couch Surfing qui nous a logé tous les cinq pour la durée d'un soir. Nous avons pu échanger au bar où nous avons goûté le fameux Pisco sour, cocktail à base de l'alcool local et de blancs d'oeuf. Nous avons passé la soirée à rigoler, comparer nos cultures et parler des choses à faire aux alentours de Santiago. Cet habitué de l'application depuis plus de dix ans nous a également dit qu'il essayait de renouer avec cette dernière après une pause de plus de deux ans. En effet, il trouve que les mentalités ont changées et que les gens ne s'en servent plus que pour dormir gratuitement chez les gens, ce qui ne lui convient pas vraiment, étant donné qu'il organisait plutôt des barbecue de 150 personnes et toutes autres sortes d'événements avec la communauté Couch Surfing présente à Santiago. Mission réussie, il nous avoue que nous avons réussi à lui redonner foi en l'application et il compte reprendre du poil de la bête !
Walter
Article 8 - Premiers jours au Chili : une autre manière de voyager
08/04 --> 18/04
Après 2h de marche entre les deux postes aux frontières, nous voilà entrés au Chili, troisième pays de notre périple. Au programme, un voyage du sud, territoire reculé où très peu de personnes vivent, jusqu'à Santiago, la grosse capitale.
La première grosse claque survient dès la première nuit, ou du moins dès le premier paiement de la nuit : environ 20 à 25€ par personne, alors que nous étions habitué à payer entre 5 et 10€. Nous le comprenons donc très vite : si nous voulons rester plus de 10 jours dans ce pays, avec notre budget de 1000€/personne/mois, il va falloir faire des économies partout.
Pourtant, ce n'est pas ce qui est prévu pour ces premiers jours. En effet, après quelques heures de bus sur une route non asphaltée (les fesses ont souffert), nous arrivons à Puerto Rio Tranquilo, où Juliette et Caro, deux amies (ou copines selon les affinités) grenobloises nous rejoignent pour quelques jours. Au programme, deux chères excursions, que nous devrons donc compenser au cours des jours qui suivent.
La première nous a permis de visiter "las capillas de Mármol", des grottes somptueuses creusées par un lac aux eaux turquoises. Nous avons aussi pu voir une chapelle, où Caro et Walter s'imaginaient déjà se marier dans quelques années (j'en profite pour leur dire que si ils cherchent un témoin de mariage, je suis là).
La seconde fut tout aussi magnifique et une première pour nous tous : randonner sur un glacier. Nous étions accompagnés de deux guides très sympathiques, et bien équipés (crampons, lunettes, crème solaire, doudoune, gants et "délicieux" sandwichs frits au fromage). Visite de grottes de glaces, mini-lacs à l'eau turquoise, essai de piolet, nous en garderons tous un souvenir incroyable, c'est certain.
Cependant, c'est à nouveau 100€ qui s'envolent (mais sans aucun regrets). C'est donc à partir de cet instant que nous décidons de remonter jusqu'à Chaiten, ville la plus au nord du sud Chilien, en autostop. Après quelques minutes, c'est finalement un bus qui nous prend tous les 7 (incroyable) jusqu'à Villa Cerro Castillo, où certains campent quand d'autres sont en dortoir (ça coûte déjà moins cher !). Dans cette ville, la chose à faire, c'est évidemment grimper le... Cerro Castillo, chose que nous faisons le lendemain. La vue y est magnifique (vue sur un lac et sur toute la Patagonie), mais une chose est sûre, elle se mérite : nous avons fait pas loin de 25km aller-retour, les jambes commençaient à se raidir ! Ceci dit, cela faisait quelque temps que nous n'avions pas autant marché, et nous étions tous heureux de refaire de grosses randonnées comme on les aime.
Une nuit en dortoir plus tard, nous revoilà partis pour du stop par groupes de 3/2/2 jusqu'à Coyhaique, ville où nous devions normalement prendre un bus. Problème : plus de place dans le bus (notre organisation légendaire refait surface), donc nous passons la nuit en camping et le lendemain nous disons dans un premier temps au revoir aux filles (que nous reverrons au Pérou !), puis nous repartons faire du... Stop.
Petit apparté, à titre personnel cela m'a fait vraiment plaisir de pouvoir revoir des amies, que ce soit Pauline et Violaine à Bariloche, ainsi que Caro et Juju au Chili. Cela nous permet de vivre quelques jours avec d'autres personnes, d'entendre plein d'histoires et d'anecdotes différentes, et nous fait sortir un peu de notre routine à tous les 5 (attention pas d'inquiétude, je peux encore blairer les 4 autres, juste un peu de changement ne fait pas de mal !).
Enfin bref, reprenons. Stop depuis Coyhaique donc, en équipe Aubin & moi vs Paul & Walter & Rémy. Objectif Puyuhuapi, ville au bord d'un gigantesque lac et à deux pas d'un parc naturel soit-disant somptueux. Avec Aubin nous passons pas moins de 2h30 à l'arrière d'un pickup, avec la dernière heure sous la pluie et sur une route remplie de crevasses et de cailloux, en bref : on a froid, on a très mal aux fesses, mais qu'est-ce qu'on a adoré !! On commence à se rendre compte que le stop c'est tout simplement une autre façon de voyager. C'est passer plus de temps sur la route, à juste regarder le paysage défiler (ou à parler avec les locaux mais c'est difficile à l'arrière d'un pickup) mais passer moins de temps dans les villes étapes. Par exemple, nous ne sommes restés qu'une nuit à Puyuhuapi, pour partir le lendemain visiter un parc national... que nous n'avons pas pu visiter, puisque nous n'avions pas réservé en ligne (notre organisation légendaire disais-je).
Ce même jour m'a fait presque détester le stop. La veille, c'était merveilleux, tout s'était bien passé, tout allait bien. Mais il n'y a rien de pire que du stop qui ne fonctionne pas. Nous avons attendu presque 6h en tout sur le bord d'une route quasi déserte, pour finalement pouvoir avancer d'une petite centaine de kilomètres. Heureusement qu'Aubin était là pour faire passer le temps plus rapidement, ça aurait été très long tout seul. Et heureusement que la dernière voiture qui nous a prise m'a réconcilié avec le stop. C'était une famille qui avait comme crédo de prendre des auto-stoppeurs dès qu'elle le pouvait. Nous avons parlé longuement de nos deux pays respectifs, que ce soient les paysages, la politique, la manière de vivre... Ils nous ont donné des tas de conseils, étaient incroyablement gentils, et c'est presque tristes que nous les quittons. Nous sommes alors à Santa Lucia, une ville détruite par des éboulements quelques années auparavant, et nous faisons du camping. Les trois autres sont dans la ville d'avant et tentent le camping sauvage, au bord d'un lac. De ce que j'ai compris, ils ont adoré l'expérience et sont prêts à recommencer plus tard dans le voyage.
Après une nuit reposante, une dernière journée de stop s'annonce, en direction de Chaiten, où un ferry nous attend pour rejoindre la partie nord du Chili. En effet, le sud n'est relié au nord que par des ferry, ce qui explique ce côté très reculé. Par contre, elle est collée à l'Argentine, ce qui expliquent que certains Chiliens de ce coin se sentent presque plus argentins ! Les deux équipes trouvent une voiture facilement, et arrivent dans une camping de Chaiten quasiment en même temps. L'après midi sera consacrée à une visite de cascade, et le lendemain, après une nuit en tente, à une randonnée sur un volcan dans les nuages pour l'équipe de 3, l'équipe de 2 restant au village pour travailler.
Pour conclure, je dirai donc que le coût de la vie au Chili (ainsi que la rareté des bus dans le sud) nous ont poussé à tenter ce mode de voyage, que nous n'aurions sans doute pas fait sinon. C'était une première pour nous, et cela s'est très bien passé. À titre personnel, je suis très heureux de ne pas faire tout mon voyage à base de stop, étant donné que notre timing est assez serré, donc que le stop ne nous permettrait pas d'assez profiter des différentes villes étapes.Ceci dit, je suis aussi très heureux d'avoir tenté cela, et encore plus dans cette région magnifique où les paysages défilent sans que je sois lassé. Ces quelques jours resteront à part, car, une fois la mer traversée, nous revenons à un endroit beaucoup plus peuplé.
Guilain
Article 7 : Villa la angostura / San Martin de Los Andes / Perito Moreno
03/04 --> 07/04
À la suite d'un trek, même s'il ne dure que 3 jours, on apprécie tout le confort d'un quotidien normal. Une douche, un repas cuisiné, un logis à plus de 0°C, un matelas... C'est ce qui fait la beauté de cette aventure, ce qui est marquant, être dans ces paysages hors du commun tout en sortant de sa zone de confort.
C'est peut-être ce qui pourrait expliquer nos derniers jours en Argentine : tranquilles. Profiter des spécialités de la Patagonie, le cervio en sauce accompagné de bières artisanales.
Nôtre dernière étape fut ''la route des 7 lacs''. Une route qui sillonne les lacs au nord de bariloche. Le problème reste le moyen de transport, location de voiture ? Bus ? Stop ? Comment apprécier la route, la vue sur les lacs, sachant que nous partageons le voyage avec Pauline et Violaine. En faisant du stop, c'est compliqué de rester tous ensemble. Louer 2 voitures n'est pas totalement en accord avec notre porte monnaie et nos valeurs environnementales. On finit donc par prendre le bus. À défaut d'être libres de nos mouvements, on profite pleinement des 2 plus gros lacs de la région, tout en restant ensemble. Voyager c'est aussi ça, faire des choix, des compromis et s'adapter.
On profite alors de notre dernière journée ensemble avec une balade à vélo autour du lac de San Martin. Une belle boucle avec un peu de dénivelé et des passages en forêt sur des chemins plutôt hasardeux. On libère donc les 2 filles de nos standards de propreté et de nos ronronnements nuptials pour se diriger vers la frontière Chilienne. Notre aventure Argentine se termine, mais avant ça il nous reste un dernier défi : passer la frontière à pied et la douane sans PCR...
On remercie l'aventurier Aubin pour avoir été notre guide (¿🧐?) tout au long de l'Argentine. On rigole, mais on s'est quand-même régalés ici. L'Argentine, un pays où Maradona est considéré comme un demi-dieu. Un pays où l'expression ''se me complicado'', ( ''c'est compliqué / la flemme'') est une excuse valable pour annuler un rdv (on devrait l'importer en France celle là). Un pays, ou les gens sont heureux et accueillants en toutes circonstances. Un pays riche en histoire et aux paysages incroyables. Mais aussi un pays où il est compliqué de ne pas consommer de viande, où l'économie s'effondre et où les inégalités sont marquantes.
Direction le Chili et Puerto Rio Tranquilo. On "rencontre" alors notre nouveau guide, le rider du groupe, Polooo 🤙
Article 6 : Cordoba - Mendoza - San Carlos de Bariloche
24/03 --> 02/04
Cordoba, 2 nuits
Trois journées dans la deuxième ville du pays c'était bien suffisant. Une première marquée par la visite du musée de la mémoire. Ce musée en lien avec la période de dictature en argentine de 76 a 81 raconte les faits de la D2. Milice chargée de torturer et tuer tout les opposants au régime. C'est dans ce cadre joyeux que Rémy Paul et Walter se font interviewer par des étudiants pour connaître leur ressenti, leurs émotions sur ce qu'ils découvrent.
Nous avons pu découvrir le reste de la ville le lendemain en compagnie d'un guide de métier, Gaston, rencontré via Couchsurfing. Le quartier Manzana Jesuitica a fait des heureux avec une visite de la première Université du pays et quelques histoires sur les jésuites, un Rémy aux anges. Après quelques heures de visite nous sommes partis nous garer dans un bar pendant au moins bien quatre heures. De quoi apprendre des jeux d'alcools argentins et de faire découvrir le PMU à Gaston. Ce même Gaston qui a fini par nous quitter pour un entraînement de volley. Si il a réussi à passer une manchette, cet homme a tout mon respect. De nôtre côté, bien motivés à vingt deux heures, nous partons direction les bars dansants et les boîtes, moment choisi par les argentins pour... passer à table. Comme des bons gringos que nous somment nous rentrons en lâchant des trucs du style, "c'est pas une heure pour manger", "il est vingt deux heures, on est crevé, c'est plus de notre âge"...
Le lendemain, comme des boss nous oublions une gourde et le pique nique du midi sur un trottoir et polo se fait piquer ses chaussures dans l'enceinte même de notre résidence. Joli combo.
Nous passons le reste de la journée dans un parc et un centre commercial pour redécouvrir le bowling. Sport abandonné à peu près à la même période où l'envoi des cartons d'anniversaire est devenu démodé. Nous prenons ensuite la direction de Mendoza dans un bus fort peu confortable...
Mendoza, 3 nuits
Nous voilà arrivés dans la capitale du vin argentin, 75% de la production est issue des environs. Nous trouvons une agence proposant des excursions à prix raisonnable, feu ! Nous réservons des activités pour les trois jours qui suivent. Quelques heures plus tard nous partons en minibus visiter deux Bodegas, une première où le débit de parole de la guide était proche de celui d'Eminem et la dégustation similaire à un 100m de Bolt... La deuxième, beaucoup plus petite proposait une visite complète et une une excellente dégustation. Un poil trop complète selon le guide de l'agence qui s'est chargé de détruire la guide de la bodega. Nous quittons cette même guide larmoyante, sûrement trop triste de nous voir partir... Bonne ambiance !
Nous partons le lendemain aux aurores pour aller voir les cailloux que l'on aperçoit aux loin. La cordillère des Andes ou un truc comme ça. Rangés dans un minibus avec un guide beaucoup plus sympathique nous enchaînons plus de dix heures de routes pendant lesquelles on effectue quelques haltes. Nous avons vu le plus grand cailloux de la cordillère (6962m) qui est d'ailleurs le plus grand d'Amérique latine et qui est devancé uniquement par l'Himalaya dans le monde, l'Aconcagua. En supplément, on a pu toucher les pieds du plus haut Corcovado au monde à 4200m, le mont blanc se rapproche... Nous n'avons pu rester qu'une dizaine de minute à côté de ce monument qui fait la frontière entre le Chili et l'Argentine. En effet, sans effectuer de pallier pendant la montée, le mal des montagnes peut frapper fort ! Mais bon, ce laps de temps a suffit pour achever le malade Rémy et envoyer dans l'espace Guilain le récent fumeur de ganja.
Amoureux du minibus, nous repartons à sept heures du matin pour... sept heures de bus, un régal. On se plaint mais bon on a fait la moitié du trajet dans un canyon sur une route rock&roll ! Pour notre plus grand plaisir, le guide du jour est l'adorable guide des Bodegas. Il a déjà une place de choix dans nos cœurs. Cette place grandit quand il engueule le chauffeur après trente minutes de route, un bon bavon ! Nous arrivons enfin aux rapides du Canyon de Atuel. Nous montons à 5 dans un raft avec un guide doté d'une belle iroquoise et d'une tête respirant l'intelligence. Forward, Stooop et Back! C'est bon on connaît les consignes de navigation. Après trois minutes sur le bateau, l'ami nous propose de se retourner. Il a flairé notre potentiel d'abruti l'animal. Altobajoooo! Quatrième mot, ça commence à devenir technique. On s'y prend à deux fois on se plaque tous d'un côté, l'iroquois se met en trapèze le bateau se retourne et on est CONTENT. Allez fin du fun, on se retape quatre heures de routes et on finit la soirée autour d'un merlot et d'une bonne coinche !
San Carlos de Bariloche, 5 nuits
Après ces trois jours en minibus, quoi de mieux que se faire dix neuf heures dans un grand bus pour rejoindre Bariloche. Ville touristique aux airs de Suisse avec ses chalets et ses fondues. Connue aussi pour être une des station de ski les plus3 réputées d'Argentine et pour avoir accueilli les nazis ayant fui l'Allemagne.
Nous retrouvons Pauline et Violaine, des copines de Phelma, pour ces quelques jours. C'est après une fondue de... béchamel que nous partons pour notre premier trek. Incroyable nous allons sortir nos tentes, utiliser nos popotes, utiliser nos jambes, tout ça quoi !
Après une première journée assez physique nous arrivons en fin d'après midi au refuge Frey. Le cadre est sympa, le lac à moitié gelé juste à côté reflète les montagnes qui l'entoure. Nous allons piquer une tête avec polo et Walter. Parfait, on est frigorifié pour la soirée, enfin il faut croire que c'est plutôt la faute du site exposé au vent. Toute l'équipe se caille, on mange en vitesse pour rejoindre nos tentes. Départ matinal le lendemain autour de onze heures pour une marche qui s'annonce coriace. Le premier kilomètre avec ses 300m de D+ nous met une bonne claque. En haut, on ne voit que des montagnes aux alentours, pas de trace d'habitation. On commence à rigoler en se disant qu'on va devoir gravir une des montagnes pour rejoindre notre refuge. Après une excellente salade de lentilles nous descendons ces mêmes trois cent mètres tout droit en ridant sur des gravats. Les genoux en vracs, on pense avoir fait le plus dur mais en fait c'était pas une blague. On doit bien se farcir une montagne. Arrivé au pied d'un pic, on cherche les points rouge sur les cailloux qui nous guident depuis le début. Rien à droite, rien à gauche. Il faut juste lever les yeux ! On escalade tant bien que mal avec nos sacs à peine chargés pour rejoindre le sommet. Arrivés là haut on aperçoit le refuge San Martin tout en bas. C'est reparti pour une session ride interminable qui nous achève. Il fait déjà nuit, on dégaine les tentes en trois minutes, on mange en quatre et on se couche. Le dernier jour se fait au petit trot sur un chemin long et descendant.
C'est après un total de plus de trente kilomètres pour 1400m de D+ et 1600m de D- que nous retrouvons la civilisation. Ce trek était magnifique. Nous avons enchaîné les points de vue plus beaux les uns que les autres sur la région. Avec l'automne les forêts changent de couleur en fonction de l'heure, de la luminosité. Et puis on s'est fait un peu de mal et ça fait pas de mal. Le plaisir de revenir à l'essentiel pour se rappeler la chance de notre confort et le savourer, c'est ce que j'adore. C'est d'ailleurs l'idée de se manger une pâtisserie de chez Mamuschka (un délice) qui nous a poussé à galoper le dernier jour. Après une journée de repos, nous quittons Bariloche pour voir la route des sept lacs au nord de la ville.
Article 5 - Passage de frontière / San Ignacio / Buenos Aires
15/03 --> 23/03
Nous passons ensuite la frontière Brésil/Argentine. J'ai jamais vu une frontière aussi tranquille à passer. Déjà, pas de pass sanitaire vu qu'on était resté plus de 14 jours au Brésil et que l'on va rester moins de 90 jours en Argentine. On a rempli au préalable un dossier que la douane n'a jamais demandé ! Au final, on a du montrer seulement notre passeport, et le bus nous a même attendu pour repartir a Puerto Iguazu, l'équivalent Argentin de Foz do Iguaçu.
Tout comme son voisin brésilien, cette ville manque d'intérêt à part pour les chutes. Je trouve que ces dernières sont bien plus impressionnantes du côté Argentin. On les voyait de bien plus près et de plusieurs côtés. Par contre toujours autant de touristes qui gâchent un peu ces beaux paysages, mais bon ça se comprend vu la beauté et la facilité d'accès des lieux. On est loin des 1000 m de dénivelé dans la jungle nécessaires pour pouvoir les adminer. C'est d'ailleurs ce que je préfère, ne pas juste venir, voir et repartir, mais bien apprécier tout autant la randonnée, en se rapprochant petit à petit du but final qui, on l'espère, sera magnifique.
On part ensuite pour San Ignacio, petit village dans la campagne, sympa pour son côté historique. C'est en effet une ville où l'on peut voir les ruines des Misiones, village des jésuites, un peuple Européen cherchant a transmettre leur religion aux peuples païens d'Amérique du Sud. Les jésuites arrivaient à vivre en cohabitation avec eux, ils leur rapportaient un savoir faire européen ainsi qu'une certaine protection. Les ruines étaient très belles et assez impressionnantes. Assez pour captiver mon attention bien 45 minutes (oui je sais ça peut paraître un peu court mais j'ai jamais vraiment réussi à apprécier ces choses là).
En partant nous sommes allés directement à Buenos Aires, la capitale grâce à une quinzaine d'heures de bus. C'est dans cette ville que nous avons le plus rencontré de locaux. En effet, dû au Lollapalooza, festival de musique que l'on a malheureusement pas pu aller voir (beaucoup trop cher...), plus aucune auberge de jeunesse ni hôtel n'était disponible. On est donc passé par l'application Couchsurfing, qui permet aux visiteurs de se faire loger directement chez les locaux. On s'est donc divisé en 3 groupes, et ce fut une très belle expérience (en tout cas pour ma part). J'ai essayé de parler au maximum en espagnol, avec quelques fautes (pas plus d'une par mot je vous rassure) et Guilain était là pour m'aider quand les mots me manquaient, merci à lui. On a visité quelques places et musées dans cette ville que je trouve très propre contrairement aux grosses villes brésiliennes que l'on a pu voir. Par exemple, on trouve des poubelles à toutes les rues. Ça peut paraître peu mais ça permet déjà de limiter grandement le nombre de déchets par terre.
Après une dernière soirée dans cette ville, nous partons pour Cordoba, capitale culturelle de l'Argentine. J'ai personnellement hâte de retrouver la nature, le sport et les randos après ces 10 jours de "ville" et de culture.
Paul.
Article 4 - Ilha Grande / Florianopolis / Iguaçu
03/03 --> 14/03
Tout droit sortis de la mégalopole urbaine de Rio de Janeiro, nous avons débarqué sur Ilha Grande, une île sauvage et haute en couleurs par ses plages paradisiaques et sa nature verdoyante. Le contraste fut frappant et saisit immédiatement l'ensemble du groupe. Durant ce séjour de 4 nuits sur l'île, nous avons pu la traverser à pied afin d'admirer les magnifiques plages océaniques de sable fin parfois désertes qui constituent la majeure partie de l'île. Nous avons également profité d'un tour de bateau moins sauvage mais tout aussi vivifiant avec ses multiples arrêts dans des criques mais aussi par son bar à Caipirinhas à volonté qui nous a séduit plus que de raison. Mais ce qui nous a le plus frappé reste la randonnée nocturne pour arriver au point culminant de l'île s'élevant à 1000 mètres au dessus du niveau de la mer. Ce fut pour moi une première de s'aventurer sans guide dans une forêt tropicale par une nuit noire. Le crépuscule puis le lever de soleil furent majestueux et nous découvrirent une vue imprenable sur l'ensemble de l'île. C'est le cœur léger après cette escale au milieu de la nature que nous reprenons la route vers notre prochaine destination.
Cette dernière, Ilha de Santa Catarina, est aussi une île mais reliée au continent par deux grands pont. A l'entrée, se situe la ville de Florianopolis, une grande métropole et sa multitude de bâtiment plus hauts les uns que les autres. Je fus un peu déçu de l'aspect de station balnéaire que l'île a, surtout quand le routard nous vendait des petits villages de pêcheurs, activité originelle présente sur l'île. Nous n'en avons pas réellement visité ni vu, peut être aurions nous eu besoin d'une voiture pour ce faire, l'île étant plutôt grande. Malgré cette déception, ayant fait le plein de jolis paysages auparavant, j'ai pu profiter des plages différemment, notamment côté océanique en pratiquant du surf.
Enfin, pour la deuxième fois consécutive, nous avons pris le bus pendant plus de 15 heures d'affilées pour nous rendre à notre dernière destination au Brésil : Foz do Iguaçu. Encore une fois qui dit lieu touristique, dit grande ville brésilienne et cette fois ci ville quasiment déserte donc sans grand intérêt a part quand il s'agit d'aller boire un verre en terrasse. Heureusement, je ne suis pas venu pour l'attrait de la ville mais plutôt celui d'une des 7 nouvelles merveilles naturelles : les chutes d'Iguaçu. Après un voyage assez éprouvant, nous avons visité un parc à oiseaux. Mes attentes pour ce parc, qui était en fait un zoo, étaient peut être trop hautes car j'ai rapidement été déçu par l'omniprésence de volières. Le parc était quand même aménagé de manière à oublier au maximum les cages que nous pouvions parfois pénétrer. J'observais alors de mes yeux certaines espèces pour la première fois. Mais encore une fois nous n'étions pas réellement là pour ça et nous avions raison car c'est devant l'immensité des chutes que je me suis vraiment émerveillé. De l'eau coulait à flot de tous les côtés de la falaise parfois haute de 80 mètres. Par endroits, le débit était si fort que l'eau s'éparpillait dans l'air de manière à créer des arcs en ciel. Pour moi, ces chutes méritent bien leur titre de merveille naturelle. Le seul bémol de la visite fut le nombre conséquent de personnes souvent obsédées à l'idée de prendre la photo d'eux mêmes devant les chute.
C'est la larme à l'oeil mais la tête remplie de bons souvenirs et de magnifiques paysages que nous passons la frontière Argentine en quête de nouvelles aventures qui je l'espère, seront à la hauteur de ce que nous avons vécu.
Walter
Article 3 - Rio : plages, soirées et randonnées à gogo
25/02 -> 2/03
Étant donné que nous n'avions pas (du tout) été charmés par Sao Paulo, nous nous demandions ce qui allait en être de Rio, autre très grande métropole du Brésil. Résultat : nous avons pris une énorme claque !
Notre escapade dans cette merveilleuse ville peut se résumer en 4 mots : lycée (voir l'article de Rémy), plages, soirées et randonnées.
La plage d'abord : Rio en compte une dizaine, plus belles les unes que les autres. Copacabana est la plus connue et la plus touristique, Ipanema est un copié collé de la précédente en un peu moins impressionnante (car moins grande), mais notre coup de coeur est bien la Praia da Barra da Tijuca. Paul a pu pour son anniversaire rider avec une planche de surf "super trop géniale" selon le vendeur, qui a donc pu nous la louer environ 10 fois plus cher que les autres. Rémy a pu se noyer tranquillement au milieu des vagues, un sauveteur est heureusement venu à sa rescousse. Mais nous avons surtout trouvé notre resto de plage coup de coeur, "rei do mar", typiquement brésilien : musique horriblement forte (c'est à se demander comment les Brésiliens font pour ne pas être sourds), serveur très agréable (il nous serrait la main, parce qu'il nous adorait, pas du tout parce que nous étions de bons clients), et nous avons pu manger pour moins de 5€ par tête sur la plage (coup dur pour la côte d'Azur où l'on paie 5€ la cacahuète).
Notre seule expérience négative fut la Praia da Vermelha, qui est magnifique vue du sable, mais la mer est remplie de déchets en tout genre. Et oui, les Brésiliens sont globalement assez sales : les déchets sont jetés à même le sol, et il est courant de sentir l'urine dans les rues. Malheureusement, tous ces déchets finissent tôt ou tard dans la mer, ce qui rend la baignade très désagréable en plus de polluer les océans.
La plage nous permettait aussi de nous rafraîchir après nos randonnées ! Trois marches étaient au programme. Tout d'abord l'échauffement, avec la montée jusqu'au Pain de Sucre, une formalité pour des corps aussi musclés que les nôtres… La vue sur la ville était magnifique, nous avons aussi pu admirer les décollages et atterrissages des avions depuis l'aéroport de Rio, où la piste se situe sur l'eau (comme à l'aéroport de Marignane, Walter se sentait comme à la maison paraît il). Ensuite la montée vers le site le plus touristique de la ville, le Corcovado. On ne va pas se le cacher, nos corps super musclés ont tout d'un coup souffert un peu plus, d'autant que nous avons pris un "raccourci", traduction : faire 500m de dénivelé positif en 30min, un vrai bonheur. Nous avons ainsi pu ramper jusqu'au Christ avec nos dernières forces pour une nouvelle fois se prendre une claque visuelle : la ville est magnifique, avec la mer, les collines et la végétation luxuriante. Nous avons pu faire ce que l'on fait de mieux : des tiktok et se moquer de toutes les personnes prenant des photos dans des positions parfois étonnantes devant la statue.
Mais la petite balade que nous avons préféré, c'est bien Pedra da Gavea, un mix entre randonnée au départ, pour finir en escalade de falaise, agrippés à des chaînes rouillées pour essayer de ne pas tomber dans le vide, heureusement des guides étaient présents pour nous montrer la voix sur certains passages. Une fois arrivés au sommet, une nouvelle fois la vue était splendide, le drone a pu filmer tout ça, pour le plus grand plaisir de Rémy et Walter qui n'ont pas hésité à dégainer leurs fessiers devant la caméra. Cette balade restera gravée dans nos mémoires c'est une certitude.
Marcher c'est bien, faire des soirées c'est mieux ! Carnaval oblige, énormément de personnes étaient dans les rues pour festoyer, ça les Brésiliens savent faire. Ce n'étaient pas nos soirées préférées, étant donné qu'ils chantaient des choses que nous ne comprenons absolument pas. Nous avons par contre fait deux soirées en boîte de nuit, qui ont été très appréciées, même si le style musical est absolument lourdingue, le funk brésilien, mais il a l'énorme avantage de faire twerker tout le monde, filles et garçons. Nous avons essayé de nous entraîner, ce n'est pas encore notre fort, nous travaillerons ça lors de nos prochaines sorties c'est promis.
Pour résumer, nous avons absolument adoré Rio, une ville magnifique avec une superbe ambiance. Les points négatifs sont la saleté (même si c'était beaucoup moins sale que Sao Paulo) et l'insécurité, que nous avons ressenti une fois lorsqu'un brésilien nous a dit de changer de quartier étant donné que l'on était observés par des voleurs de l'autre côté de la rue. Ceci dit, ces points négatifs passent au second plan derrière les superbes souvenirs que nous garderons.
Prochaine étape : Ilha Grande !!
Guil1
Article 2 : Rio : Lycée Molière
21/02 --> 25/02
2 classes de 3eme ainsi que 2 classes de terminales, petit retour dans le temps pour le groupe. Effectivement, ce lundi 21 février au matin nous réalisions notre première intervention au lycée Français de Rio, le lycée Molière. Notre présentation était organisée, nos slides bien connues, et nous nous étions entraînés à l'oral bien en avance (la veille dans le bus entre Paraty et Rio).
Tous répartis dans nos familles d'accueil respectives, nous profitons de ces appartements et maisons luxueuses, d'un lit double confortable et d'une chambre privée, sans tracteur humains à l'intérieur.
Nous arrivons alors le lundi matin, tout transpirant après avoir marché à peine 15 minutes, oui le climat tropical est présent à Rio. Nous sommes alors très bien accueillis par le personnel du lycée, ainsi que par Louise, qui a organisé toute notre arrivée et notre insertion dans le lycée, un grand merci à elle !
Tout commence avec la fresque du climat, un jeu pour comprendre les conséquences de l'activité humaine sur le dérèglement climatique. Les 3emes bien qu'assez lents à démarrer, adorent et se prennent au jeu, c'est un régal de voir leur investissement. Lorsqu'il a fallu élire la meilleure fresque, chaque groupe était en plein suspens, juste avant de se mettre à brailler pour célébrer la victoire. Des moments marquants. Les terminales quant à eux, bien que moins pris par la volonté de gagner l'élection de la meilleure fresque, étaient (pour certains) très attentifs et intéressés par nos présentations.
Dans un deuxième temps, nous commençons par faire un point sur notre dépendance à l'énergie et l'impact de l'utilisation de ces dernières sur le climat. Chiffrée et exemples à la clef, cette présentation peut-être assez dure et déprimante, on enchaine donc sur les solutions déjà mise en place pour une transition énergétique plus douce. Une présentation donc, mais avec interaction. Chacun calcul son bilan carbone pour se rendre compte de son impact, et prioriser les actions à entreprendre pour diminuer son impact environnemental.
La filière scientifique a très vite assimilé le principe de la fresque, les explications était très concise mais le débat compliqué à amener. Bizarrement, c'était plutôt l'inverse avec la filière littéraire. Beaucoup plus de mal pour réaliser la fresque, mais une très bonne habilité à blablater et à développer de bons arguments. Pas si étonnant au final vous me direz.
Les journées de formations s'enchaînent, les ''afterworks'' à base de caïpi et match de foot suivent le rythme en fin de journée. Promenades, footing au bord de plages et sorties en ville agrémentent là semaine.
Pour finir en beauté, nous sommes invités par le proviseur à passer la soirée avec lui, sa famille et Fred, documentaliste du lycée. Bar, restaurant et dégustation de la fameuse ''picanhia'' morceau de viande très tendre, beaucoup apprécié par les Brésiliens (très safe project au passage). Nous avons pu faire un retour d'expérience sur nos interventions, mais de manière moins professionnelle, nous avons surtout passé un super moment à base de rire et d'échange sur nos voyages !
Une superbe manière de terminer cette semaine, encore merci à toute l'équipe du lycée Molière !!
Avec quelques jours de reculs, on peut se dire qu'on a passé et échangé de super moments avec les élèves. Voir que nos interventions ont suscité un réel intérêt et pourraient changer les habitudes et mentalités de certains mal informés ou peu concernés est un beau sentiment d'accomplissement. Cela nous donne encore plus envie de réaliser les conférences dans nos prochaines destinations.
Semaine prochaine, Rio, le carnaval et tout ce qui vient avec !
Rémy
Article 1 : Sao Paulo - Ilhabela - Parati
10/02 --> 20/02
Étape 1 : Sao Paulo, 2 nuits
Nous avons passé 3 jours à Sao Paulo, le temps parfait pour s'acclimater, s'adapter au décalage horaire et découvrir ce poumon économique du Brésil.
Le premier fut marqué de visites culturelles avec une balade au centre de la ville. Pour être fin prêts à errer des heures dans la ville, nous avons privilégié un restaurant local, une churrascaria, self service à volonté où la viande occupe une place centrale pour accompagner toutes sortes de spécialités européennes : pâtes, salades, ... Il s'en est suivi une visite de plusieurs lieux emblématiques de la ville : la place de la République, la cathédrale, l'allée du Chà, la place du Sé et le marché municipal. Armés de nos tenues Safe nous n'avons malheureusement pas pu voir le point de vue au sommet de l'Edificio Italia ni visiter le premier building de la ville : le Martinelli, à croire que notre tenue n'est pas assez classe... Après une quinzaine de kilomètres de marche, une envie de tarot et de caïpi est apparue et, non sans mal, nous sommes allés combler nos désirs dans un bar où l'offre une caïpi offerte pour une achetée nous a poussé à rester 4 heures...
La deuxième journée était axée sur le foot, véritable religion au Brésil. Le réveil était difficile mais compensé par un petit déjeuner frais avec des fruits locaux : mangues, papayes, maracujas, fruit du dragon... Nous avons commencé par une visite au stade municipal, siège du musée du football, un musée délivrant de nombreuses informations sur les joueurs qui ont fait toute la splendeur de la Seleçao brésilienne mais aussi sur la grinta locale avec des extrait de commentaires radios, des articles de presses, des commentaires d'arbitres... En conclusion de ce musée, il est évident que Pelé est un dieu, un phénomène... les superlatifs ne manquent pas. Une fois bien échauffés par la visite du musée, nous nous sommes pressés d'aller à l'Allianz Park, antre du club Palmeiras qui affrontait ce jour là Chelsea en finale de coupe du monde des clubs ! Une ambiance digne de la coupe du monde en France avec pas moins de 50 000 personnes réunies à côté du stade, je pense que la moitié des personnes avait accès à une parcelle d'écran pour suivre le match. Les autres étaient là pour vibrer ! Le match fut marqué par trois moments de folie au sein de la foule : une faute conduisant à un penalty, l'arbitre validant le pénalty après la VAR puis le but issu du pénalty. Des fous furieux ! Nous aurions aimé voir Palmeras gagner pour goûter un peu plus à la grinta brésilienne. C'est finalement après des échauffourées entre la police et les supporters que nous avons rapidement quitté les lieux. Il était temps de boire une caïpi.
Pour le troisième et dernier jour, en selle sur nos vélos de locations, nous avons pu profiter de la fraîcheur du plus grand parc de la ville (Ibirapuera) qui, au vu du nombre de personnes, permet à la ville de respirer un peu. L'occasion était parfaite pour se boire une noix de coco en bord de lac. Après quelques heures dans le parc nous avons récupéré nos sacs pour rejoindre la gare routière de Sao Paulo, aussi grande qu'un aéroport, nous comprenons que le bus fait foi au Brésil.
Je garde un sentiment mitigé sur cette ville grise, vétuste, et où la pauvreté règne à tous les coins de rue. Cette ville pauvre en couleur est riche par ses habitants. Les locaux sont accueillants et la passion du foot est incroyable. Cependant, les décors se ressemblent et on ne prend pas de réel plaisir à visiter la ville. J'aime l'appeler la ville aux 1000 odeurs parce que les poubelles omniprésentes dans la rue conduisent à des odeurs variables, mais qui ont pour point commun de ne jamais être agréables au nez.
Étape 2 : Ilhabela, 2 nuits
C'est après cinq heures de bus et une courte traversée en ferry que nous arrivons au soleil couchant sur la plus grande île du Brésil, Ilhabela. Ce coin de paradis est particulièrement développé sur tout le littoral face au continent tandis que la partie océanique est restée très sauvage. Nous posons rapidement nos affaires à l'auberge de jeunesse pour profiter d'une première baignade, où nous arrivons à tous nous couper soit le pied, soit les jambes à cause de pierres et/ou coraux. Nous passons une première soirée chill à base de tarot-bières-caïpi, le trio parfait.
Objectif du lendemain, aller tâter l'ambiance tropicale de l'île avec une randonnée en forêt nous menant à un des sommets de l'île. C'est avec une certaine lenteur, qui commence à nous définir, que nous arrivons à quitter l'auberge sur les coups de onze heures. Le soleil, proche de son zénith, nous permet de subir nos cinquante premières minutes de marche pour rejoindre l'entrée du chemin de randonnée. Après trois heures à nous battre dans la nature et à enchaîner les chemins, nous devons le reconnaître, nous sommes perdus ! Mais bon, nous sommes bien contents de trouver une petite cascade pour se rafraîchir et remplir nos gourdes. Après avoir chaleureusement remercié notre guide du jour, Rémy akha l'homme qui tourne surlui même dès qu'il ouvre maps, nous partons fêter cette grande réussite sur la plage. S'en suit une après midi tranquille, au rythme de l'île, avec un pique nique en bord de plage, une baignade et une promenade le long du littoral. Nous profitons de ce moment de répit pour travailler notre présentation de la fresque du climat car c'est confirmé, nous sommes attendus entre le 21 et le 25 février à Rio pour intervenir dans des classes de troisième et terminale !
Le lendemain, nous arrivons à nous lever tôt pour partir à la fraîche et retenter la randonnée. Malheureusement, la météo n'est pas avec nous et le risque d'orage nous pousse à anticiper notre départ de l'île ... Direction Parati.
Étape 3 : Parati, 4 nuits
Toujours aussi bons, nous loupons le premier bus pour Parati. Finalement, nous prenons un bus pour Caraguatatuba, pour une transition de quelques heures afin d'arriver en début de soirée à Parati. Nous arrivons dans une charmante Pousada (auberge de jeunesse) Marendaz, pile à temps pour voir le pénalty manqué de Messi et le génie de Mbappe !
Cette ville coloniale, bien que touristique, est magnifique et a gardé son aspect historique. En effet, nous prenons du plaisir à travailler nos chevilles en se baladant dans le centre historique pavé à l'arrivée des portugais. Nous profitons de l'océan mais aussi des randonnées aux alentours pour nous bazarder de quelques mètres de haut et même faire du surf sur rocher, en bref un Paul comblé !
Nous avions prévu de rester deux nuits mais c'est finalement au bout de quatre que nous quittons la ville pour Rio. Les conditions météo avec un supplément tourista nous ont poussés à changer nos plans... C'est donc à proximité des waters et sous la pluie que se fini cette première semaine brésilienne marquée par la diversité des activités et paysages rencontrés !
Aubin
En image...
Ilhabela : youtube.com/watch?v=ZbqCsFzqnxc
Parati : https://www.youtube.com/watch?v=uJEW9HiXF0I